Le 23e Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs aura lieu du 12 mars au 5 avril 2026 en distanciel sur Globe radio et en présentiel dans divers lieux à Paris et au Havre. Il est présidé par son fondateur, le poète et universitaire Thierry Sinda et animé par l’acteur et metteur en scène Moa Abaïd. Un hommage sera rendu aux deux parrains du festival qui ont rejoint le Paradis noir des Ancêtres-protecteurs : Jacques Rabémananjara (2005) et Martial Sinda (2025). Ce rendez-vous littéraire attendu représente depuis plus de deux décennies les Afriques au sein du Printemps des Poètes . Pour cette édition le festival est rebaptisé : Printemps des Poètes des Afrique et d’Ailleurs et du reste du monde rayonnant pour la liberté et la paix. Rencontre avec Thierry Sinda .
Quels hommages allez-vous rendre aux feus jacques Rabémananjara et Martial Sinda les parrains aujourd’hui disparus de votre événement ?
Thierry Sinda Tout d’abord, je voudrais vous citer quelques vers célèbres de leur compagnon de lutte de la Négritude, le poète Birago Diop, qui transcrit à merveille sur le papier la tradition africaine dans laquelle les morts sont parmi nous. Diop écrit dan son poème « Souffles » : « Écoute
plus souvent / Les Choses que les Êtres, […] Ceux qui sont morts ne sont jamais partis : /Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire / Et dans l’Ombre qui s’épaissit. /Les Morts ne sont pas sous la Terre : /
Ils sont dans l’Arbre qui frémit, /Ils sont dans le Bois qui gémit, /Ils sont dans l’Eau qui coule, /
Ils sont dans l’Eau qui dort, / Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule /Les Morts ne sont pas morts. »
Nous montrerons au cours de notre hommage J. Rabémananjara – M. Sinda, que la vie de ces deux grands hommes engagés, a une époque où le Noir était chosifié en Nègre (comme l’écrit Aimé Césaire), leurs actions littéraire, culturelle, politique et scientifique se confondent avec l’histoire de leur pays pour la lutte des indépendances. Car le projet programmatique de la Négritude est comme le définit Sédar Senghor : « La lutte pour la dignité de l’homme noir et de sa culture » ; et les moyens pour l’atteindre tel que définis par moi-même ; « La revalorisation culturelle du monde noir dans les lettres françaises et à l’époque coloniale. »
La 23e édition du Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs a-t-il un nouveau parrain ?
TS Pour cette édition nous réunissons et plaçons en qualité de parrains Jacques Rabémananjara (mon grand-père malgache) et Martial Sinda (mon papa), qui dans la tradition africaine et malgache sont et demeureront jusqu’à la nuit des temps des Ancêtres-protecteurs. Ces maîtres incontestés de la Négritude, ont compris et cru en notre mouvement poétique naissant de la Néo-Négritude qu’ils ont accompagné.
Je vous renvoie aux manifeste de la Néo-Négritude mon ouvrage Poèmes d’amour des Afriques et d’Ailleurs (éd. Orphie, 2013) préfacé par des Noirs de haute intellectualité : le Sénégalais Abdou Diouf, le Malgache Jacques Rabémananjara et la Guadeloupéenne George Pau Langevin.
Après l’hommage aux parrains, et avant de donner la parole aux poètes du cercle de la Néo-Négritude (comme aime à le clamer urbi et orbi le poète Habib Osmani), on rendra hommage aux autres poètes de la Négritude : L.S. Senghor, A. Césaire, L.G. Damas, F. Ranaivo, P. Niger, B. Dadié, G. Tirolien, J. Roumain, L. Diakate, A. M’Baye d’Erneville, D. Diop, P. Joachim, K. Fodéba, N’Dsitouna, E.E Yondo et quelques autres.
Pourquoi vous avez rebaptisé la 23e édition de votre événement poétique Printemps des Poètes des Afriques et d’Ailleurs et du reste du monde rayonnant pour la liberté et la paix ?
TS Il y a d’abord une question linguistique, de paternité et de jeu. Je reprends des expressions que j’ai forgées en discours figé et popularisées. « Et d’ailleurs » en 2004. Ce terme apparaît dans l’intitulé de notre festival. En 2006, lors de l’année Senghor le journal Libération consacre une page à notre festival.
L’expression est lancée. On aura désormais : « de France et d’ailleurs », « d’Amérique et d’ailleurs », etc. Près de deux décennies plus tard j’ai forgé, le 2 mai 2021, l’expression « et du reste du monde » dans mon poème « L’Africaine du reste du monde rayonnant » inspiré par la journaliste algérienne Narriman Sadouni. Le poème a fait le buzz sur le net et l’expression a fait mouche.
L’ antériorité et la fréquence d’emploi peuvent être aisément vérifiées et quantifiées au fil des ans. J’ai voulu m’amuser sémantiquement en mettant côte à côte les deux termes que j’ai créés, en les couplant à « la liberté » (le thème du Printemps national des Poètes) et à la paix.
La recherche de la paix, nous semble d’une importance majeure dans notre monde abondance qui se entre-déchire à travers des affrontements meurtriers du Kivu (RDC) à l’Ukraine en passant le Cambodge, le Proche et le Moyen Orient. « Le reste du monde rayonnant » englobe les pays humanistes, solidaires avec le reste du monde pour la construction de la liberté, de la paix, de la bienséance, et de l’éradication de la pauvreté. C’est notre rêve programmatique de poètes de la Néo-Négritude!
Vous avez un esprit joueur Monsieur le président ?
TS Oui surtout lorsque cela concerne la connaissance ! Je pense que nous allons faire durant notre festival un quiz en présentiel et distanciel sur la poésie africaine. C’est le gai savoir(apprendre dans la joie). Je n’en dis pas plus pour le moment.
Quels sont les poètes qui seront présents ?
TS A côté du cercle des poètes de la Néo-Négritude attendus ( Henri Moucle, Pascale Labylle, Daniel Illemay, Francine Ranaivo, Habib Osmani, Denise Chevalier, Roumuald Chery, Marie-France Danaho, Nicolae, Hanitr’Ony, Gisèle Déloumeaux, Fredy Jaoffera, Iverleen Diallo, Alain-Alfred Moutapan…) nous ferons en distanciel, via mon émission Poétiquement Vôtre sur notre webradio : globe-radio.org, une grande scène ouverte mondiale de poètes des cinq coins du globe terrestre du Nord au Sud de l’Est à l’Ouest (en direct et en replay). Nous rendrons également un hommage à l’artiste-poète camerounais Aimé Nouma du cercle de la Néo-Négritude, lequel a rejoint le Paradis noir des Ancêtres-protecteurs le 28 février 2026.
Au programme
– Jeudi 12 mars : Conférence-lecture-débat à 14 h : « Comprendre aujourd’hui le mouvement littéraire de la Négritude des années 1930 à Paris » Par Thierry Sinda / lecture illustrative Moa Abaïd / organisatrice Pascale Labylle
Lieu : Association Les pieds dans le plat 36, rue Franklin Roosevelt 76 600 Le Havre
Tel : 02 35 26 02 23
-Dimanche 15 mars et jeudi 19 mars à 14 h (heure de Paris) : Hommage aux parrains disparus Jacques Rabémananjara et Martial Sinda et Grande scène ouverte mondiale sur la webradio : globe-radio.org
-Dimanche 22 mars à 14 h (heure de Paris) : Hommage aux Parrains disparus Jacques Rabémananjara et Martial Sinda et Grande scène ouverte mondiale sur la webradio : globe-radio.org
-Mercredi 25 mars à 19 h: Conférence-débat-dîner autour de la réédition du Premier chant du départ de Martial Sinda (éd. Orphie, 2025) en partenariat avec l’association Mondial Montmartre.
Lieu : Le Paradis tropical 6, rue Custine 75 018 Paris. Réservation :06 17 83 29 11
-Jeudi 26 mars à 14 h (heure de Paris) : Hommage aux Parrains disparus Jacques Rabémananjara et Martial Sinda et Grande scène ouverte mondiale sur la webradio : globe-radio.org
-Dimanche 29 mars, jeudi 2 avril et dimanche 5 avril à 14 h (heure de Paris) : Grande scène ouverte mondiale et Quiz poésie africaine sur la webradio : globe-radio.org
-Samedi 4 avril à 16 h Hommage aux Parrains disparus Jacques Rabémananjara et Martial Sinda et Quiz poésie africaine
Lieu : Société des Poètes français 16, rue Monsieur Le Prince 75006 Paris
Contact festival : 33 6 10 01 95 25 (WhatsApp).
Photo principale : Le Président Thierry Sinda. © DR