Politique

800 millions FG pour être candidat à la présidentielle en Guinée : une folie, un montant indescriptible

Par Dasse Claude17 août 2015

La caution fixée à 800 millions de francs guinéens (64 millions FCFA) par la Commission électorale nationale indépendante -CENI- de Guinée suscite des réactions au sein de la classe politique. Si certains partis politiques ont affirmé être capables de payer cette caution, ce n’est pas le cas chez le parti guinéen pour le progrès et le développement -PGPD-, dirigé par madame Bintou Touré.

En conférence de presse, mardi 18 août à Conakry, la présidente de cette formation politique a trouvé ce montant « exorbitant, faramineux et indescriptible ».

Pour un pays dont le taux de pauvreté est estimé à 52%, Mme Yansané Bintou Touré pense que la caution fixée par la CENI est une « folie » du siècle.

« Nous sommes indignés et nous affirmons avec la dernière énergie notre désolation pour un pays comme ça qui n’a pas encore posé les bases de développement. Je pense que la voie est ouverte pour le détournement des deniers publics. Parce que quoi qu’on dise, pour quelqu’un qui gagne bien sa vie, quelqu’un qui connaît bien les partis politiques en Guinée, la situation des militants qui adhèrent souvent par conviction, d’autres par mercantilisme, ces gens n’ont pas les moyens pour contribuer à ce qu’un parti politique ait cette somme », a déploré le numéro un du PGPD.

Pour elle, en annonçant cette caution, la Céni vient quelque part « bafouer la dignité humaine, les droits des guinéens qui sont des droits inaliénables à respecter ».

Le parti pense qu’avec cette caution, le chemin est balisé pour interdire à des guinéens de participer à la présidentielle du 11 octobre 2015 : « la liberté à se présenter aux élections est réduite et c’est très dommage pour le pays ».

Pour des gens qui travaillent honnêtement sans puiser dans l’argent du contribuable guinéen, sans évoluer en politique de façon frauduleuse, Mme Bintou Touré croit que cette caution est faramineuse et elle la dénonce avec la dernière énergie.

Se trouvant dans des difficultés de trouver des fonds pour se présenter candidat à la présidentielle, le PGPD laisse une fenêtre ouverte. Il ne se désiste pas totalement, mais peu de chances lui sont ouvertes.

Évoquant l’argument avancé par la Céni, le leader du parti affirme que « ça ne tient pas », parce que comparaison n’est fait pas raison. « On a fait allusion aux cautions des pays comme le Bénin, le Sénégal, le Mali et la Côte d’ivoire. Avec ces pays, on n’a pas le même niveau de vie. On n’a pas les mêmes situations », a fait remarquer la présidente du PGPD. Et pour cela, elle assure que c’est « un recul pour la démocratie en Guinée ».

« Je pensais que le Président Alpha Condé allait nous séparer de ce folklore. C’est dommage pour celui qui a eu à passer plus de trente ans dans une des nations les plus démocratiques au monde (le France), qu’il ne vienne pas nous transposer des éléments élémentaires de la démocratie ».

Aliou BM Diallo, à Conakry

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