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80è Assemblée générale de l’ONU : La Côte d’Ivoire rassure sur des élections apaisées et appelle à un multilatéralisme rénové

Par Philippe Kouhon27 septembre 2025

New York, 26 septembre 2025- À la tribune des Nations Unies, la Côte d’Ivoire a porté haut sa voix lors de la 80ᵉ Assemblée générale. Conduite par Patrick Achi, ministre d’État et conseiller spécial du président Alassane Ouattara, la délégation ivoirienne a transmis le message du chef de l’État à travers l’intervention remarquée de Kacou Houadja Léon Adom, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur.
Son discours, marqué par un plaidoyer pour un multilatéralisme rénové et par des assurances sur la stabilité démocratique nationale, a conjugué lucidité face aux défis mondiaux et confiance dans l’avenir de la Côte d’Ivoire.

Une session anniversaire sous haute tension internationale

Placé sous le thème « Better Together: 80 years and more for peace, development and human rights » (Mieux ensemble : 80 ans et au-delà pour la paix, le développement et les droits humains), ce rendez-vous historique invite les États membres à réfléchir sur le rôle et l’efficacité de l’ONU, quatre-vingts ans après sa création.

Le contexte est lourd de menaces et d’incertitudes :

  • tensions géopolitiques persistantes,
  • réchauffement climatique,
  • rareté des financements pour le développement,
  • terrorisme et crises sécuritaires,
  • guerre informationnelle et enjeux liés à l’intelligence artificielle.
  • Face à ces défis, l’Assemblée a appelé à réaffirmer la solidarité internationale et à engager une réforme profonde de l’Organisation, pour la rendre plus inclusive et plus efficace.

Rénover le multilatéralisme et restaurer l’efficacité de l’ONU

À la tribune, le ministre Kacou Houadja Léon Adom a salué l’apport historique des Nations Unies dans l’accession des peuples à l’indépendance et à la souveraineté. Mais il a aussi rappelé les limites de l’Organisation, évoquant notamment l’échec tragique à prévenir le génocide des Tutsis au Rwanda en 1994.
« Il est plus que jamais urgent de restaurer l’efficacité des Nations Unies sur la base d’un multilatéralisme inclusif et équitable », a-t-il lancé, en appelant les États membres à se réapproprier les idéaux de la Charte et à renouer avec l’esprit de solidarité.

Le chef de la diplomatie ivoirienne a insisté sur deux urgences pour l’avenir de l’ONU :
résoudre la crise des liquidités qui fragilise ses opérations, réformer le Conseil de sécurité afin de le rendre plus représentatif et adapté aux réalités du XXIᵉ siècle. Dans cette dynamique, il a salué l’entrée de l’Afrique au G20, symbole du poids croissant du continent sur la scène mondiale.

La Côte d’Ivoire, exemple de stabilité et de résilience

S’exprimant au nom du président Alassane Ouattara, le ministre a présenté la Côte d’Ivoire comme un pays stable, engagé et résolument tourné vers l’avenir.

Sur le plan sécuritaire

La Côte d’Ivoire se veut un havre de stabilité dans une région confrontée au terrorisme. Elle accueille plusieurs milliers de réfugiés en provenance du Sahel, dans des conditions décentes et sécurisées.

Sur le plan économique

La croissance du PIB demeure dynamique, soutenue par des réformes structurelles. L’objectif : transformer en profondeur l’économie ivoirienne afin de la rendre plus compétitive, inclusive et équitable.

Sur le plan politique et institutionnel

Le climat politique est jugé apaisé, grâce au dialogue national initié depuis 2011. Les partis politiques et la société civile exercent librement leurs activités, tandis que l’indépendance de la justice contribue au renforcement de l’État de droit et à la consolidation des droits humains.

Un rendez-vous électoral sous le signe de la maturité démocratique

À quelques semaines de l’élection présidentielle prévue le 25 octobre 2025, le ministre Kacou Houadja Léon Adom a tenu à rassurer la communauté internationale :
« Tout est mis en œuvre pour que ce scrutin, symbole de la maturité démocratique de la Côte d’Ivoire, se déroule dans la plus grande transparence et dans la paix. »

Ces propos, accueillis par de vifs applaudissements dans l’hémicycle onusien, traduisent la volonté de la Côte d’Ivoire de montrer l’exemple d’une démocratie apaisée et d’un processus électoral transparent.

Un message de confiance et de responsabilité

Ainsi, la Côte d’Ivoire a réaffirmé son attachement aux valeurs universelles portées par la Charte des Nations Unies et sa détermination à contribuer à la paix, à la solidarité et au progrès mondial.
« Sous le leadership visionnaire du président Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire poursuit son œuvre de construction nationale, avec l’ambition de bâtir un État stable, inclusif, résilient et prospère », a martelé le ministre Adom.

On peut donc affirmer sans se tromper que la voix d’Abidjan, portée ce jour à New York, s’est voulue à la fois réaliste et optimiste, ancrée dans la conscience des défis mondiaux mais forte de l’expérience d’un pays qui a su transformer ses épreuves en leviers de progrès.

Par Philippe Kouhon

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