New York, 23 septembre 2025-La première journée du débat général de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies a donné le ton d’une session placée sous le signe des crises internationales, de la réforme du multilatéralisme et des inégalités mondiales. Des dirigeants venus des quatre coins du monde ont pris la parole, parmi lesquels le président américain Donald Trump, le secrétaire général de l’ONU António Guterres, la présidente de l’Assemblée générale Annalena Baerbock, ainsi que les chefs d’État du Brésil, du Qatar, de la Turquie, de la France, de la Corée du Sud, du Portugal et de l’Afrique du Sud.
Gaza et l’Ukraine au cœur des débats
Sans surprise, la guerre à Gaza et ses lourdes conséquences humanitaires ont dominé une grande partie des interventions. Les appels au cessez-le-feu, à l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire et à la protection des civils se sont multipliés. La reconnaissance d’un État palestinien, déjà actée par plusieurs pays européens, a été évoquée comme une étape vers une solution durable.
La guerre en Ukraine a également retenu l’attention, avec des prises de position fermes en faveur de la souveraineté territoriale et de la fin de l’agression militaire.
Climat, développement et réforme du Conseil de sécurité
Le changement climatique a occupé une place importante, particulièrement dans les discours des dirigeants africains et de plusieurs États insulaires, qui rappellent payer le prix fort des bouleversements environnementaux malgré une faible contribution aux émissions mondiales. L’appel à un financement plus équitable de l’adaptation et de la transition énergétique a été réitéré.
De son côté, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a insisté sur le poids de la dette qui étouffe les pays en développement et sur l’importance de l’intégration régionale à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Il a également plaidé pour une réforme en profondeur du Conseil de sécurité, afin qu’il reflète mieux la diversité et les équilibres du monde contemporain.
La Côte d’Ivoire absente des débats
Dans ce ballet diplomatique de haut niveau, un constat s’impose : aucun intervenant n’a mentionné la Côte d’Ivoire. Ni les États-Unis, ni la France, ni le secrétaire général de l’ONU, ni la présidente de l’Assemblée générale, ni encore l’Afrique du Sud, le Qatar, le Brésil, la Turquie, la Corée ou le Portugal, qui se sont exprimés ce mardi, n’ont fait référence à la situation ivoirienne.
Cette absence est particulièrement remarquée dans un contexte où l’opposition ivoirienne, très active aux États-Unis, espérait peser sur les relations internationales pour faire fléchir les décisions de justice rendues en Côte d’Ivoire. L’Assemblée générale constituait pour elle une tribune idéale. Ce silence résonne donc comme une véritable douche froide pour ses partisans.
Un rendez-vous ivoirien attendu vendredi
La seule évocation attendue de la Côte d’Ivoire interviendra vendredi, lorsque le message du président Alassane Ouattara sera lu à la tribune des Nations Unies par la délégation ivoirienne présente à New York. Ce sera alors l’occasion de mettre en avant la vision et les priorités de la Côte d’Ivoire en matière de paix, de sécurité et de développement, dans un contexte régional et mondial en pleine mutation.
Rappelons qu’à partir de ce mardi 23 septembre 2025 et après l’ouverture de l’Assemblée générale hier lundi 22 septembre, plus de 150 chefs d’État et de Gouvernement vont se succéder à la tribune de l’ONU du 23 au 27 septembre puis le lundi 29 septembre pour débattre des questions d’ordre mondial. Pas sûr que la question des élections présidentielles en Côte d’Ivoire soit évoquée si cela n’a pas été évoquée dans l’adresse du chef de l’État ivoirien qui a promis des élections transparentes et apaisées.
À suivre.
Philippe kouhon