Société

Adèle Tonini : bâtir des villes africaines sur le modèle européen

Par Philippe Kouhon8 janvier 2018

Adèle Tonini est italienne et considère la Côte d’Ivoire comme son second pays. Gynécologue de profession, cette retraitée de 65 ans ne passe ses vacances qu’en Afrique.

Elle se considère comme une africaine malgré sa peau blanche et sa nationalité italienne. Elle a de toute sa jeunesse rêvé de s’établir un jour dans un pays africain. Et quand elle a fait la connaissance du collectif des ivoiriens Wê de l’Italie (Ciwit), ce fut pour elle une belle opportunité. « J’aime les africains. Ils sont sincères et accueillants. Cela fait dix ans que je travaille avec les ivoiriens à travers le Ciwit et c’est toujours la même chaleur qu’ils dégagent. Pour moi, l’Afrique peut mieux faire si nous les européens nous lui donnons les moyens. L’Europe a mis du temps pour être ce qu’elle est aujourd’hui. Chaque pays est le modèle d’un autre pays. Aussi, vous ne verrez pas construire un hôpital dans une ville sans un centre santé ou un cabinet de médecin détaché. Pareil pour un collège ou une école primaire sans une crèche. Et je pense qu’on devrait faire autant pour des villes africaines. C’est cela le développement. Enfin, on peut envoyer du matériel médical en Afrique comme le fait le Ciwit par exemple, mais si on ne forme pas le personnel à l’utilisation de ce matériel qui parfois est inconnu des agents de la santé, on n’aura pas aidé les gens car même s’ils essaient de le faire tourner, ils ne pourront pas garantir sa maintenance. Voilà pourquoi, nous sommes en train de voir avec la mairie de Parma, d’abord pour créer un comité scientifique qui viendra en Côte d’Ivoire pour recueillir les besoins des populations, ensuite faire venir des personnes pour la formation en Italie dans tous les domaines intégrés dans la construction d’une ville moderne » a-t-elle confié à Afrikipresse, dimanche 7 janvier 2018 au cours d’un entretien avec M. Goué Patrice, chef du canton Zibiao (département de Bangolo) et porte-parole du comité mixte Wê-Burkinabé pour la réconciliation, résent en Italie pour apporter le soutien de tous chefs Wê au Ciwit et à sa présidente, Brigitte Boblaé. Marraine des caravanes humanitaires organisées par l’association, Adèle Tonini a même révélé que sa fille de 30 ans, juriste à la cour internationale de justice au Luxembourg rêve elle aussi de visiter la Côte d’Ivoire et pourquoi pas lors de la troisième édition de la caravane de solidarité et de paix du Ciwit, prévue pour Août 2018 dans le Guemon et le Cavally.

Philippe Kouhon, à Parma

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