Afrique

Alliance des États du Sahel : cinq ans de pouvoir militaire pour quels résultats ?

Par La Rédaction26 février 2026

Arrivées au pouvoir entre 2020 et 2023 au Mali, au Burkina Faso et au Niger au nom de l’urgence sécuritaire et de la souveraineté, les juntes militaires d’Assimi Goïta, Ibrahim Traoré et Abdourahamane Tiani peinent à tenir leurs promesses.

Sécurité au Sahel : la promesse militaire non tenue

Les coups d’État survenus à Bamako (2020-2021) 1 , Ouagadougou (2022) et Niamey (2023) ont été justifiés par la nécessité de vaincre les groupes jihadistes. Les nouveaux régimes affirmaient que l’armée réussirait là où les civils avaient échoué. Cinq ans après, la violence s’est étendue dans les trois pays.

Plusieurs analyses évoquent une « militarisation à outrance » de la réponse sécuritaire et le recours à des supplétifs étrangers comme Africa Corps au Mali et au Burkina Faso, avec pour conséquence une insécurité accrue et des civils pris entre forces armées et groupes jihadistes.

Souveraineté économique : rupture affichée, dépendances nouvelles

Les juntes promettaient la fin de la dépendance envers l’Occident et la reprise en main des ressources nationales. Dans les faits, la Russie, la Chine et la Turquie ont renforcé leur présence économique et sécuritaire dans les pays sahéliens. La souveraineté proclamée s’apparente plutôt à un « changement de tuteur », sans amélioration tangible pour les populations.

Transitions gelées et verrouillage politique

Les autorités militaires s’étaient engagées à restituer rapidement le pouvoir aux civils. Dans les faits, les échéances électorales ont été reportées ou renvoyées à une période indéterminée, tandis que l’espace politique s’est progressivement refermé.

Au Burkina Faso, les mesures de suspension et de dissolution visant des partis politiques 2 et organisations jugées hostiles au pouvoir ont illustré ce durcissement, dans un contexte de mobilisation sécuritaire permanente. Dans l’ensemble de l’Alliance des États du Sahel, la concentration du pouvoir entre les mains des exécutifs militaires s’accompagne d’un affaiblissement des contre-pouvoirs et d’une communication officielle dominée par l’impératif sécuritaire.

Une alerte régionale pour l’Afrique de l’Ouest

Pour de nombreux observateurs ouest-africains, le bilan des régimes militaires sahéliens met en lumière les dangers d’une prise de pouvoir par la force et de la remise en cause de l’ordre constitutionnel. Dans plusieurs pays côtiers du golfe de Guinée, dont le Bénin, où les autorités ont déjoué une tentative de coup d’État ces dernières années, l’expérience du Mali, du Burkina Faso et du Niger est souvent citée comme un contre-exemple à éviter.

Au bilan, ces cinq années de pouvoir issu de coups d’État dans les états de l’AES n’ont ni rétabli la sécurité ni relancé l’économie, rappelant à l’Afrique de l’Ouest que la stabilité durable repose avant tout sur des institutions légitimes, civiles et responsables.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

https://www.peaceinsight.org/fr/articles/le-coup-detat-au-mali-et-son-impact-sur-le-contexte-national/?location=mali&theme=transitional-justice-reconciliatio

https://www.aa.com.tr/fr/afrique/le-gouvernement-du-burkina-faso-dissout-tous-les-partis-politiques/3815002

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