En Côte d’Ivoire la question du parti unifié et de l’alternance continue de faire débat. Alors que la finalisation du Rhdp en parti unifié est annoncée pour Septembre 2016 au lieu de Mars-Avril 2016 envisagé initialement, plusieurs schémas visibles ou invisibles se mettent en place et se trament autour des leaders Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié.
Des cadres éminents de ce Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (Rhdp) font savoir leur souhait de voir les présidents Bédié et Ouattara libérer les énergies, en permettant à tous ceux qui rêvent d’être présidents de se présenter devant les électeurs, à l’election présidentielle de 2020.
Selon plusieurs cardes du groupement au pouvoir, et même des cadres Pdci-Rda qui rêvent certes d’alternance mais qui refusent ce qu’ils considèrent comme l’hégémonie Akan ou Baoulé au sein de leur parti politique, aller à une élection présidentielle est une décision individuelle majeure à prendre, malgré les obstacles.
Il s’agit, ajoutent-ils, au delà des appareils et des partis politiques, d’un rendez-vous entre un homme, un destin, une ambition et un peuple invité à se prononcer sur un projet de société.
À ce titre, ils souhaitent que, malgré l’enjeu du maintien au pouvoir face au risque du retour aux affaires du Fpi et d’un autre groupement politique, le Rhdp ne soit pas un instrument servant à étouffer les ambitions de ceux qui estiment avoir la carrure pour présider aux destinées de la Cote d’Ivoire et qui en remplissent les conditions. Ils voient dans la logique de candidature unique, une manière nouvelle de créer une exclusion artificielle, dont pourtant les présidents Bédié et Ouattara ont été victimes.
Ils saluent et comprennent les efforts de leurs leaders, mais ils craignent que tout le système et l’édifice, qui est en train d’être mis en place pour une circonstance, ne s’écroule dès la première alerte ou secousse.
Nos interlocuteurs, issus aussi bien du Rdr que du Pdci, insistent pour faire connaître leur souhait de voir, à défaut d’une primaire, tous les candidats potentiels issus du Rhdp, être autorisés et encouragés à aller devant le peuple.
Selon eux, une telle perspective est favorable à tous. Ils y voient un exercice de démocratie bien meilleur que tout autre schéma. Ils assurent que la meilleure façon de trouver le meilleur des candidats – tel que souhaité par le président Ouattara – est de laisser directement le peuple s’exprimer.
Bénéficiaire eux mêmes du suffrage universel, les présidents Ouattara et Bédié, ne devraient pas, selon plusieurs de leurs partisans, être les ennemis de ce même suffrage universel.
Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié ne doivent pas être, poursuivent nos interlocuteurs issus aussi bien du Rdr que du Pdci (notamment ceux du Pdci qui ne sont pas Baoulé et qui dénoncent la main mise des Baoulé sur le parti), ceux-là même qui auraient étouffé les ambitions de cadres ivoiriens, les ambitions d’Amadou Gon, d’Ahoussou Jeannot, de Daniel Kablan Duncan, de Guillaume Soro, d’Hamed Bakayoko, d’Achi Patrick et de tout autre.
Alors tous aux urnes en 2020, pour une alternance totale et une démocratie ouverte ?
Alice Ouédraogo