À l’occasion de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, en septembre 2025, le président Alassane Ouattara ne se rendra pas à New York.
Contrairement à certaines rumeurs relayées par des médias, aucune annonce officielle n’avait confirmé sa présence. Le chef de l’État a donc choisi de demeurer en Côte d’Ivoire, à 38 jours de l’élection présidentielle d’octobre 2025, afin de se consacrer aux préparatifs de ce rendez-vous important pour la nation.
Une diplomatie active depuis 2011
Depuis son accession à la magistrature suprême en 2011, Alassane Ouattara a fait de la diplomatie internationale un pilier de son action. Dès la 66ᵉ session de l’Assemblée générale, il avait défendu les intérêts de la Côte d’Ivoire tout en réaffirmant son attachement à la coopération multilatérale.
Entre 2011 et 2025, le président ivoirien a pris part directement à 9 sessions : 2011, 2012, 2013, 2014, 2016, 2017, 2020, 2021 et 2022. Ses interventions ont été marquées par une défense constante de la paix, du multilatéralisme et des intérêts nationaux. Parmi ses prises de parole marquantes figure celle du 24 septembre 2020, lors de la 75ᵉ session, où il a insisté sur la nécessité de préserver la stabilité mondiale dans un contexte de crises multiples.
Des relais de confiance sur la scène internationale
Lorsque le président n’a pas assisté à certaines sessions, la Côte d’Ivoire a toujours été représentée par des personnalités de haut rang :
- 2015 (70ᵉ session) : Claude Stanislas Bouah-Kamon, représentant permanent à l’ONU.
- 2018 et 2019 (73ᵉ et 74ᵉ sessions) : Daniel Kablan Duncan, alors vice-président.
- 2023 (78ᵉ session) : Tiemoko Meyliet Koné, vice-président, a prononcé une allocution et participé à plusieurs rencontres de haut niveau autour du thème :
- « Restaurer la confiance et raviver la solidarité mondiale : accélérer l’action sur le Programme 2030 et ses objectifs de développement durable en faveur de la paix, de la prospérité, du progrès et de la durabilité pour tous. »
- 2024 (79ᵉ session) : Tiemoko Meyliet Koné a de nouveau représenté la Côte d’Ivoire lors d’une session placée sous le thème :
- « L’unité dans la diversité, pour l’avancement de la paix, du développement durable et de la dignité humaine partout et pour tous. »
- 2025 (80ᵉ session) : Patrick Achi, ministre d’État et conseiller spécial du président, assurera la représentation du pays.
Ces délégations confirment la solidité de l’équipe présidentielle et la capacité de la Côte d’Ivoire à faire entendre sa voix au plus haut niveau international.
Un choix stratégique, non une absence
L’absence du président Alassane Ouattara à certaines sessions ne saurait être interprétée comme une fuite de débats sensibles ou une crainte des opposants. Elle répond plutôt à des choix stratégiques, guidés par des priorités nationales ou électorales.
Ainsi, la régularité de ses interventions à l’ONU, conjuguée à la qualité des personnalités mandatées en son absence, illustre une gestion intelligente des responsabilités : concilier les enjeux intérieurs et l’influence internationale, tout en garantissant la visibilité et la crédibilité de la Côte d’Ivoire sur la scène mondiale.
Bilan
Sur quinze sessions (2011-2025), Alassane Ouattara a directement participé à neuf et confié six autres à des représentants de haut rang.
Ce bilan témoigne d’un engagement diplomatique réfléchi, équilibrant les impératifs internes et la présence internationale.
La voix de la Côte d’Ivoire a ainsi toujours résonné à New York, portée par son président ou ses représentants de confiance, dans une logique de continuité, de paix et de multilatéralisme.
Philippe Kouhon