Politique

Ali Bongo répond à l’Union Européenne après la validation de sa victoire : « Nous ne sommes pas une province de… »

Par Charles Kouassi24 septembre 2016

Dans un entretien accordé à la télévision gabonaise Gabon 24 dans la nuit du Samedi 24 Septembre 2016 , le président Ali Bongo ODIMBA, reconduit pour un second septennat par le conseil constitutionnel qui vient de valider son élection avec 50,66% des voix contre 47,24% pour son adversaire Jean Ping, s’est voulu direct sur cette question posée par un journaliste concernant les dissensions entre lui et les observateurs de l’Union Européenne (UE) constatées lors des élections au Gabon : « Monsieur le président, un de nos partenaires, c’est l’Union Européenne que vous avez bien voulu inviter pour rendre transparentes les élections au Gabon. Quelques sons un peu divergents ce sont entendus du côté de l’Union Européenne quant à l’accueil qui lui a été réservé. Est-ce que vous ne craignez pas qu’il y ait un impact sur nos relations avec l’UE ? ».

En retour le président a dit : « Nous n’avons pas de problème avec l’union européenne. Que les choses soient claires. Nous avons eu quelques difficultés avec des membres de la mission d’observation qui n’ont pas respecté les engagements pris. Ils se sont comportés d’une manière que nous pouvons critiquer. C’est avec certains membres que nous avons problème. Nous sommes un pays indépendant avec nos lois. Et donc il est difficile que l’on vienne nous dire de changer nos lois. Ne faites pas ceci, ne faites pas comme ça. Nous ne sommes la province de n’importe quel pays ou d’un continent. Il faut que nous soyons respectés. Les lois que nous avons à l’heure actuelle, notamment en matière électorale, ce n’est pas moi qui les ait prises. Ces lois ont été prises en 1996, donc tous les acteurs politiques les connaissent. Quand une loi est mauvaise, on va au parlement pour la modifier. On ne modifie pas une loi en cours de jeu, en cours de partie, on décide de changer, ça ne se fait pas. Ceux qui me le demandaient ont été les premiers à me critiquer en disant : Voyez en Afrique ils ont des lois et ils ne les respectent même pas. Qu’est-ce qu’on nous dit souvent ? Améliorez la gouvernance, créez des institutions fortes, ayez de bonnes lois et appliquez vos lois. C’est exactement ce que nous avons fait ».

Pendant près d’une heure de temps , Ali Bongo tout en survolant les récents incidents qui ont jalonné les élections, a revisité son programme de gouvernement axé sur des projets et des réformes aussi bien politiques, économiques que sociales. Le plus urgent étant bien évidemment celui du retour de la paix et du dialogue. « Je suis aujourd’hui le président de tous les gabonais et je souhaite rassembler autour de moi, les volontés des uns et des autres pour développer le pays. La main tendue, elle est là. Je la tends. Ceux qui voudront bien, qui sont les vrais patriotes, la saisiront pour le développement de notre pays. L’élection est derrière nous. Les gabonais attendent de nous aujourd’hui des réponses à leurs problèmes. Nous sommes des gabonais, le dialogue doit se faire entre gabonais, nous n’avons besoin de personne, nous sommes des africains et nous savons comment nous parler. Et c’est ce que nous allons faire pour le bien de notre pays », fait-il comprendre. Concernant l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), le président a rappelé la volonté de son pays d’organiser non seulement cet évènement , mais d’en faire un grand succès.

Korona SEKONGO

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