Figure influente de la transition malienne, Aliou Tounkara occupe aujourd’hui une place centrale dans les relations entre Bamako et Moscou. Entre coopération éducative, diplomatie parallèle et proximité assumée avec les forces russes présentes au Mali, son rôle suscite de nombreuses interrogations dans un contexte sécuritaire toujours plus dégradé au Sahel.
Influence russe au Mali : Aliou Tounkara au centre du dispositif
Ancien étudiant en Union soviétique dès 1982, Aliou Tounkara a construit l’essentiel de sa carrière en Russie avant d’obtenir la nationalité russe en 2007. De retour au Mali après le coup d’État de 2021, il intègre rapidement les sphères du pouvoir de transition. Membre du Conseil national de transition (CNT) et président de la commission gouvernementale d’interaction avec la Russie, il devient un acteur clé du rapprochement entre Bamako et Moscou.
À travers la Maison Russe au Mali, structure créée en partenariat avec l’agence russe Rossotrudnichestvo, Aliou Tounkara développe des activités éducatives et culturelles destinées à renforcer l’influence russe au Mali. Bourses d’études, échanges universitaires et événements diplomatiques figurent parmi les principaux leviers utilisés.
Recrutements vers la Russie : des soupçons persistants
Depuis plusieurs mois, des organisations internationales alertent sur des recrutements de jeunes Africains vers le front ukrainien. Une enquête d’All Eyes on Wagner publiée en février 2026 évoque plus de 1 400 Africains identifiés dans les rangs russes, dont plusieurs dizaines de Maliens.
Même si aucune preuve directe n’établit l’implication d’Aliou Tounkara dans ces recrutements, sa proximité avec les réseaux institutionnels russes alimente les interrogations.
Wagner, Africa Corps et les critiques croissantes
Aliou Tounkara assume publiquement son soutien à la présence russe au Mali. Il a notamment défendu le groupe Wagner puis l’Africa Corps, nouvelle structure directement contrôlée par Moscou. Pourtant, après les attaques des 25 et 26 avril dans le nord du Mali, plusieurs accusations ont émergé concernant le retrait des forces russes face aux rebelles du FLA.
Dans plusieurs pays ouest-africains, y compris en Côte d’Ivoire, ces évolutions renforcent les débats autour de l’influence sécuritaire russe au Sahel et de ses conséquences régionales.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info