Alpha Condé est candidat à sa propre succession avec 3 objectifs clés. Il dénonce une guerre de succession au sein de sa majorité.
En visite à Kankan sa région ‘’d’origine’’, (l’est du pays), le président de la Guinée a déclaré samedi, devant des populations mobilisées pour l’accueillir, qu’il sera le seul candidat de son parti pour le second mandat présidentiel.
« N’écoutez pas les démagogues aigris qui vous disent ah ! C’est nous qui nous sommes battus. Il (Alpha Condé, ndrl) n’a pas travaillé ici mais dans les autres régions. Ceux qui viennent aussi avec des groupes : groupe Ousmane Kaba, groupe Bourema Condé, groupe Taliby Kaba, on n’en veut pas. Ce ne sont pas les cadres qui m’ont mis au pouvoir. Ceux qui m’ont mis au pouvoir ne savent même pas dire RPG (rassemblement du peuple de Guinée, parti présidentiel, ndrl), ils disent RPC », a expliqué le Président Condé.
Le chef de l’exécutif guinéen a invité les femmes leaders à s’unir pour l’investir lors des électorales prochaines. Cependant, a-t-il déploré, « il y a des femmes de la mouvance présidentielle, les cadres de la mouvance présidentielle et des jeunes. Alors que je ne suis même pas mort, il y a des gens qui veulent prendre ma place en clamant qu’ils sont futurs candidats ! On ne devient pas candidat comme ça. Il faut se battre pour que les autres vous suivent. Ceux qui s’agitent déjà se trompent », a prévenu Alpha Condé.
« Mon second mandat aura 3 objectifs: les femmes, les jeunes, l’eau et l’électricité », a-t-il promis.
Le président guinéen n’a pas manqué de rappeler les acquis et les contraintes de son premier mandat. « Quand je suis venu, je vous ai promis que quand je serai au pouvoir, il n’y aura plus d’impôt de capitation, j’aiderais les agriculteurs. Nous avons réussi à aider le monde paysan certes. Cependant, nous n’avons pas pu aider les femmes et les jeunes. Pourquoi ? Parce que nous avons pris la Guinée dans un trou. Le pays était endetté de partout et il n’a pas avancé. Sékou Touré, que Dieu le pardonne, tous ses travaux ont été anéantis. Lansana Conté ne connaissait pas. Mais il a fait confiance aux cadres (1er ministre). Si le pays est ainsi gâté, ce n’est pas Lansana Conté mais plutôt ses premiers ministres qui se sont succédés (devenus tous opposants, ndlr), a accusé le locataire du palais Sékhoutouréah.
Pour lui, l’une des contraintes a été Ebola. «Nous sommes en train de combattre cette maladie. Nous allons faire de l’Ébola une opportunité pour la Guinée ». Pour ce qui concerne l’eau et l’électricité, « nous avons réussi à signer un contrat avec la Banque mondiale et une société française qui viendra gérer le secteur de l’électricité », a mentionné Alpha Condé.
Cette sortie du chef de l’Etat intervient à un moment où le pays travers une crise sociopolitique.
Aliou BM Diallo