La réorganisation de la commission électorale nationale indépendante (CENI) en Guinée, est l’un des points d’achoppement au dialogue politique. Samedi, lors d’un échange avec des étudiants, le Président Alpha Condé a levé un coin le voile sur cette épineuse question.
« Si on veut changer les statuts de la Ceni , il y a le Parlement. La Ceni a été mise en place par une Loi Organique. On va encore là bas pour faire une proposition de lois. Je n’accepterais jamais de violer la loi pour faire plaisir à des gens », a assuré le chef de l’Etat qui dit que l’opposition oublie : , « j’ai accepté tout avant les élections législatives ».
Pourquoi ? « Parce que la Guinée était bloquée. Les européens ont dit, tant que vous n’organisez pas les législatives, vous n’aurez pas le 10ème fonds européen de développement (FED). On était sous embargo, on ne pouvait même pas acheter d’armes. Donc, il fallait accepter tout. Même l’inacceptable pour qu’on sorte de cela. Les élections législatives sont finies, on est désormais un Etat normal. On n’est plus en transition : il y a un gouvernement et un parlement », a expliqué le locataire du Palais Sékoutouryah.
Le temps de la recréation est terminé, a-t-il dit. « On respecte la loi. Ceux qui ne veulent pas respecter la loi, c’est leur problème. À ceux qui disent qu’il y aura de confrontation, je reponds il n’y aura pas de confrontation en Guinée. On ne peut pas me faire peur. Moi je suis un militant qui n’a pas peur de la confrontation. Je suis là pour défendre le peuple de Guinée. Je ne suis pas là pour que des cadres qui ont mis le pays à terre fassent du chantage ».
À trois mois de l’élection présidentielle du 11 octobre, les acteurs politiques de la mouvance et de l’opposition se regardent en chiens de faïence. Aucune solution de sortie de crise en vue. La communauté internationale poursuit des consultations inter-parties.
Aliou BM Diallo, à Conakry