Politique

Anyama : le préfet d’Abidjan au contact des réalités du terrain

Par La Rédaction5 mai 2026

À l’occasion de la traditionnelle montée des couleurs, ce lundi 4 mai 2026, la commune a exposé ses défis majeurs : eau, électricité, assainissement et zones à risque.

Comme chaque 1ᵉʳ lundi du mois, les populations d’Anyama dans leurs différentes composantes, se sont réunies autour du préfet de région, préfet du département d’Abidjan, à l’occasion de la traditionnelle cérémonie d’honneur à l’emblème nationale. Organisé par le sous-préfet d’Anyama Ladji Mory dans l’enceinte de la sous-préfecture, ce rituel républicain devenu un levier de cohésion est destiné à renforcer les acquis autour de l’attitude des citoyens vis-à-vis des insignes de la Nation.

Mais ce lundi avait une portée particulière : le préfet d’Abidjan a fait le déplacement. Sa présence, qualifiée de “hautement significative” par Mme le maire Fatim Bamba, traduit la volonté constante de l’État d’être proche des populations, d’écouter leurs réalités et d’accompagner les dynamiques locales de développement.

Devant une assistance composée d’élus, de chefs coutumiers, de guides religieux, d’opérateurs économiques, de représentantes d’organisations féminines et de responsables d’associations de jeunes, les discours ont égrainé sans détour, les problèmes structurels que la commune affronte au quotidien. Si le ton est resté républicain et responsable, le diagnostic, lui, est clair : Anyama avance, mais Anyama attend.

Eau potable : des investissements en cours, des attentes toujours fortes

C’est le premier défi cité par Mme le maire. À Anyama, l’accès à l’eau potable reste une préoccupation majeure pour des milliers de ménages. Les coupures, la faible pression et l’absence de réseau dans certains quartiers périphériques rythment la vie des populations.

La municipalité affirme ne pas être restée les bras croisés : « Nous avons engagé des démarches concrètes, renforcé le dialogue avec les structures compétentes et porté, avec constance, des plaidoyers ».

Ces efforts commencent à porter leurs fruits. « D’importants investissements sont en cours à travers les actions de l’Office national de l’eau potable (Onep). Les travaux de renforcement du réseau avancent et permettront, à terme, d’améliorer significativement la desserte de notre territoire », a précisé la première magistrate.

Un signal salué par un hommage appuyé : « Je voudrais exprimer la profonde reconnaissance des populations d’Anyama au Président de la République, Son Excellence Alassane Ouattara, ainsi qu’au gouvernement, pour les efforts consentis ». Reste que les populations, elles, « attendent légitimement des résultats concrets et visibles dans leur quotidien ».

Électricité : Les installations renforcées mais la mise en œuvre opérationnelle tarde

Deuxième urgence : l’électrification. Si Fatim Bamba reconnaît « des avancées », elle insiste : « les besoins restent importants, notamment en matière de renforcement des installations et d’extension du réseau dans certaines zones encore insuffisamment desservies ».

À Anyama, commune en pleine expansion démographique, de nouveaux quartiers sortent de terre chaque année. Ébimpé, Anyama-Adjamé ou encore Zossonkoi. Dans ces zones, le courant arrive tard, ou pas du tout.

Les poteaux sont posés, les câbles tirés, mais la mise sous tension se fait attendre. Conséquence : délestages, recours aux branchements anarchiques et ralentissement de l’activité économique des artisans.

La mairie dit avoir multiplié les plaidoyers auprès de la CIE et des tutelles. Mais face à l’ampleur des besoins, elle sollicite désormais « l’attention personnelle » du préfet d’Abidjan pour « accélérer concrètement la mise en œuvre des projets en cours ».

Assainissement 2026 : Année de l’assainissement du Conseil municipal

C’est le gros chantier annoncé : « Le Conseil municipal a décidé de faire de l’année 2026 l’année de l’assainissement à Anyama ». Le mot est lâché. Mais ici, la saison des pluies est synonyme d’angoisse.

Caniveaux bouchés, absence de réseau d’évacuation des eaux pluviales dans plusieurs quartiers, dépôts sauvages d’ordures : Anyama paie le prix de son urbanisation rapide et parfois désordonnée. « Des initiatives sont engagées, des projets sont en cours, mais l’ampleur des défis nécessite une mobilisation plus large et des moyens renforcés », a reconnu Mme le maire.

L’enjeu est double : sanitaire et humain. Les inondations récurrentes fragilisent les habitations précaires et exposent les populations aux maladies hydriques. D’où l’appel lancé en fin de discours : « Permettez-moi d’adresser un appel à nos populations vivant dans les zones à risque. Je vous invite à vous faire recenser et à prendre les dispositions nécessaires pour quitter ces zones exposées. Il y va de votre sécurité, de celle de vos familles et de notre responsabilité collective ».

Pour objectiver les besoins, la commune a remis au Préfet un « livre blanc » recensant l’ensemble des urgences. « Notre priorité demeure la vie humaine », a insisté la première magistrate.

Crises de chefferie : préserver la paix pour garantir le développement

Au-delà des infrastructures, Anyama doit aussi gérer son capital le plus précieux : la cohésion sociale. La question « sensible des chefferies » a été abordée avec franchise. Mme le maire a tenu à « saluer les actions menées par Monsieur le Sous-préfet, qui permettent de maintenir le dialogue et de préserver la cohésion sociale ».

Le message est clair : « le développement ne peut s’inscrire durablement que dans la paix et la stabilité ». Dans une commune cosmopolite, porte d’entrée Nord d’Abidjan, où cohabitent communautés autochtones Attié et allogènes venues de toutes les régions, le moindre conflit de leadership peut freiner les projets. L’institutionnalisation du salut aux couleurs chaque 1ᵉʳ lundi du mois participe justement à « ancrer durablement les valeurs républicaines ».

Anyama veut franchir un cap décisif

La colonne vertébrale du discours de Mme le maire tient en une phrase : « Anyama est une commune en mouvement, une commune qui travaille, qui s’organise et qui avance avec détermination ». Depuis l’accession de l’équipe actuelle à la tête de la municipalité, « le choix d’une gouvernance active, tournée vers l’action, le dialogue et la recherche de solutions durables » a été fait.

Le résultat est visible : « Aujourd’hui, les bases sont posées et les actions sont engagées ». Mais le temps presse : « les populations attendent légitimement des résultats concrets et visibles », d’où l’interpellation directe au préfet d’Abidjan : « je voudrais pouvoir compter sur votre engagement, et sur l’attention personnelle que vous accordez à ces enjeux, afin d’accélérer concrètement la mise en œuvre des projets en cours, notamment en matière d’eau, d’électricité et d’assainissement. Votre appui sera déterminant pour franchir un cap décisif ».

Une commune stratégique qui mérite d’être accompagnée

In fine, Mme Bamba a rappelé le poids d’Anyama dans le Grand Abidjan : « Anyama occupe une position stratégique aux portes d’Abidjan. C’est une commune à fort potentiel humain, économique et social. Une commune qui mérite d’être accompagnée à la hauteur de ses ambitions et des enjeux qu’elle porte ». Entre le stade olympique Alassane Ouattara d’Ébimpé, la zone industrielle en gestation et sa gare ferroviaire historique, Anyama se rêve en pôle de développement.

Mais ce rêve bute encore sur des réalités du quotidien : le seau d’eau qu’on va chercher à 5h du matin, le compteur qui saute, la rue inondée dès la première pluie. La visite du Préfet d’Abidjan ce 4 mai 2026 n’a donc rien d’anodin. Elle marque la volonté de l’État de « rester au contact ». Reste maintenant à transformer l’écoute en accélération. Le « livre blanc » remis par la mairie en est la feuille de route. Les populations d’Anyama, elles, attendent la mise en œuvre.

CoolBee Ouattara.


Les 5 problèmes majeurs d’Anyama ressortis lors de la montée des couleurs du 4 mai 2026.

1.Eau potable : Réseau à renforcer, desserte insuffisante dans plusieurs quartiers. Travaux ONEP en cours.

2. Électricité : Besoin d’extension et de renforcement des installations pour suivre l’urbanisation.

3. Assainissement : Caniveaux, drainage des eaux pluviales et gestion des ordures. 2026 décrétée année de l’assainissement.

4. Zones à risque : Habitations précaires exposées aux inondations. Appel au recensement et au déguerpissement volontaire.

5. Cohésion sociale : Gestion des chefferies et maintien du dialogue pour préserver la paix, condition du développement.

📱 Version mobile accélérée (AMP)

Voir la version complète avec commentaires