L’influenceur panafricaniste Kemi Seba a été arrêté en Afrique du Sud début avril 2026. Recherché par le Bénin pour son soutien présumé à une tentative de coup d’État, il fait désormais l’objet d’une procédure d’extradition, dans un contexte politique et sécuritaire tendu en Afrique de l’Ouest.
Une arrestation en Afrique du Sud sur fond d’enquête judiciaire
Selon la police sud-africaine, Kemi Seba a été interpellé lundi dans un centre commercial de Pretoria, en compagnie de son fils. Les autorités évoquent des faits de « facilitation d’entrée illégale au Zimbabwe via le fleuve Limpopo ».
Placés en détention provisoire, les deux hommes doivent comparaître le 20 avril 2026. Parallèlement, une procédure d’extradition vers le Bénin est en cours, où l’activiste est poursuivi pour « apologie de crimes contre la sûreté de l’État » et « incitation à la rébellion ».
Soutien controversé à une tentative de coup d’État au Bénin
Les poursuites font suite aux événements du 7 décembre 2025 au Bénin. Ce jour-là, des militaires mutins avaient annoncé à la télévision avoir renversé le président Patrice Talon. Le putsch avait été rapidement déjoué grâce à l’intervention de l’armée béninoise, avec l’appui de partenaires régionaux.
Kemi Seba avait alors salué publiquement ce qu’il qualifiait de « jour de libération », renforçant son statut d’opposant radical au pouvoir béninois.
Un profil au cœur des tensions géopolitiques régionales
Ancien Franco-Béninois, déchu de sa nationalité française en 2024, Kemi Seba dirige l’ONG « Urgences panafricanistes ». Il est connu pour ses positions virulentes contre la France et son soutien affiché aux régimes militaires du Sahel.
Son nom a également été cité dans des enquêtes évoquant des liens présumés avec le groupe paramilitaire russe Wagner Group, alimentant les soupçons d’ingérences étrangères dans les dynamiques politiques africaines.
Un dossier suivi de près en Afrique de l’Ouest
Dans un contexte régional marqué par la montée des discours souverainistes et des tensions politiques, cette arrestation est suivie de près en Afrique de l’Ouest, y compris en Côte d’Ivoire.
Elle relance le débat sur l’activisme numérique, les influences étrangères et la stabilité institutionnelle dans la sous-région. L’issue de la procédure d’extradition pourrait avoir des répercussions politiques au-delà du seul Bénin.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
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