Au Mali, la doctrine dite « assimisme », portée par la transition du colonel Assimi Goïta et officiellement structurée en mars 2026, ambitionne de refonder l’État autour de la souveraineté. Mais sur le terrain, la persistance des attaques djihadistes et l’instabilité sécuritaire interrogent la portée réelle de ce projet politique, avec des répercussions suivies de près en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire.
Une doctrine politique axée sur la souveraineté au Mali
L’assimisme, promu par les autorités de transition maliennes, se présente comme une doctrine de rupture avec les modèles politiques antérieurs. Il vise à renforcer l’autonomie stratégique du pays, notamment en matière sécuritaire et économique.
Dans l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES), ce courant entend aussi servir d’outil de cohésion régionale. Pour Bamako, il s’agit de reprendre le contrôle des décisions nationales, après des années de dépendance vis-à-vis de partenaires étrangers.
Le partenariat sécuritaire avec la Russie remis en question
Dans cette logique, le Mali s’est tourné vers Moscou, notamment via le déploiement de paramilitaires du groupe Wagner. Ce choix stratégique devait permettre un recul significatif des violences.
Cependant, les données disponibles montrent une réalité plus contrastée. Les attaques de groupes armés persistent, tandis que certaines zones rurales échappent toujours au contrôle de l’État. Cette situation fragilise la promesse de souveraineté sécuritaire affichée par les autorités.
Une insécurité persistante aux conséquences régionales
Selon le Global Terrorism Index 2026, plus de 1 890 personnes ont été tuées dans des attaques terroristes dans les pays de l’AES en 2025, dont 341 au Mali.
Cette instabilité a des répercussions directes en Afrique de l’Ouest. En Côte d’Ivoire, les autorités restent vigilantes face au risque de débordement vers les zones frontalières du nord, déjà exposées à des incursions djihadistes ces dernières années.
Une souveraineté encore théorique
Malgré un discours politique structuré, l’assimisme peine à produire des résultats tangibles sur le terrain sécuritaire.
Tant que la protection des populations ne sera pas assurée de manière durable, cette doctrine restera perçue comme un projet politique ambitieux, mais encore éloigné des réalités vécues par les populations sahéliennes.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
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