Politique

Avocats, journalistes, militants ? L’indépendance au défi de l’engagement en questions

Par Charles Kouassi14 mai 2025

Rodrigue Dadjé est-il militant du PDCI-RDA ? Est-il membre du Bureau politique du parti ? Va-t-il voter au congrès extraordinaire en cours ce mercredi 14 mai 2025 ? Ce proche conseiller de Simone Gbagbo – dont il peut partager les convictions politiques – a-t-il une carte du parti de l’ex-Première Dame ?

Faut-il absolument militer dans un parti politique pour défendre une cause, quand on est un citoyen, un avocat ou un journaliste ? Être encarté pour plaider ou prendre position publiquement ?

Rodrigue Dadjé est, à ce titre, comparable à l’avocat français de Tidjane Thiam. Lui ne peut participer à la vie politique ivoirienne. Il n’est ni militant ivoirien, ni électeur ivoirien , ni cadre du PDCI-RDA. Et pourtant, il défend Thiam avec engagement et de façon très active . Il le fait , comme d’autres avocats ou intellectuels s’engagent dans des causes, sans être pour autant des militants partisans, actifs ou encartés.

C’est bien là qu’il faut marquer la nuance. Défendre une cause, soutenir une idée, épouser une logique intellectuelle ou idéologique ne signifie pas nécessairement militer dans une formation politique. La proximité d’intérêts, d’opinions ou de valeurs n’équivaut pas automatiquement à un engagement partisan.

Les avocats de Valérie Yapo sont-ils tous des militants anti-Thiam ? Sont-ils tous du PDCI ? Ou, pire, sont-ils infiltrés par le RHDP ? Rien ne permet de l’affirmer. De même que tous les avocats de Thiam ne sont pas du PDCI-RDA. On connaît, certes, des figures comme Blessy, Méité, Gueu, Habiba Touré, ou encore Suy Bi, avocats engagés, avocats militants. Ils ne s’en cachent pas. Ils assument un positionnement idéologique, parfois partisan. Faut-il pour autant généraliser ?

Des journalistes militants existent aussi. Mais tous ne le sont pas. Comme tous les avocats ne le sont pas non plus.

Cette évidence mérite d’être rappelée, surtout en ces temps troublés, où même le barreau semble avoir oublié que l’engagement partisan ne se décrète pas à l’apparence. Il doit être prouvé et démontré. Il doit être documenté et est indiscutable, et non faire l’objet de procès d’intention encore moins de délit de faciès. Quand des voix s’élèvent pour remettre en question l’indépendance des magistrats, qu’en est-il de celle des avocats qui sont par tou partout , à gauche , à droite , au centre , au nord , au sud , à l’ouest ? Et du barreau lui-même ? Sa lecture de la situation est-elle absolument impartiale ? Lee barreau ne doit pas que s’écouter parler . Il doit entendre ce que les autres disent et pense de qu’il dit…! Il est temps de poser les questions dans tous les sens.

NB : L’on voit bien que les épouses ( ou les époux ) ou les enfants d’acteurs politiques de premier plan, ou de second plan , peuvent n’être pas des militants actifs tout en étant loyaux et tout en soutenant leur conjoint ! Ainsi , hormis Simone Gbagbo dont l’engagement militant actif avait dérangé au début , Thérèse Houphouët Boigny , Henriette Bédié et Dominique Ouattara ne sont pas connus, pour figurer sur la liste des organes des partis politiques dirigés par leurs époux président de la République. Des époux de femmes politiques, en Côte d’Ivoire comme ailleurs, ne sont pas forcément des militants politiques.

Charles Kouassi

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