Politique

Bakayoko déploie les « solutions Ouattara » pour l’armée et la gendarmerie (Côte d’Ivoire)

Par Charles Kouassi6 août 2017

La question de l’armée et de la gendarmerie ivoiriennes.

Face aux récurrents mouvements d’humeur dans l’armée, il fallait prendre une « décision Ouattara » forte, trouver une solution à la fois rassurante pour les populations et l’armée elle-même, mais aussi affirmer l’autorité de l’État. Quels sont les constats que l’on peut faire avant la nomination d’Hamed Bakayoko ?

1)     la réforme et la réorganisation de l’armée, engagées depuis 2011, sont loin d’être achevées ;
2)     le déploiement de la loi de programmation militaire et des mesures sociales, prévu de longue date, prend du retard, ce qui inquiète les militaires dont les conditions de vie restent précaires, ce qui les poussent à rêver à la tenue de certaines promesses ;
3)     le commandement connaît un certain flottement, l’armée étant composée de forces disparates ;
4)     toutes les conditions ne sont pas réunies (cohérence, discipline, matériels) pour que l’armée puisse jouer son rôle qui est de protéger la nation et les populations ;
5)     les récentes mutineries ont montré la capacité de certains à prendre les armes pour se faire entendre, accentuant ainsi la défiance des populations à l’égard de certains militaires ;
6)     cette situation d’insécurité provoquée par des mutineries qui se répètent menace la stabilité politique.
7)     la légitimité des chefs civils et militaires était remise en cause par des soldats qui estimaient avoir fait le combat, alors que d’autres autour du Président Ouattara, qu’ils ne connaissaient pas, qu’ils n’avaient pas pendant le combat, venaient profiter de leur action, et même étaient choisis pour les diriger et être un tampon dans la relation directe avec le Président de la République, qui parce qu’il avait tant de dossiers à gérer , nommait des ministres délégués.

Il fallait agir vite. Opérer une reprise en main totale : après le changement du commandement militaire, le changement du commandement civil s’imposait. , Le président de République Alassane Ouattara a alors choisi de nommer à la tête des Armées, un homme de confiance, fidèle parmi les fidèles, avec rang de ministre d’État : Hamed Bakayoko.
Après seulement 3 semaines,  Hamed Bakayoko, incontestablement, imprime sa marque sur un ministère de la Défense qui avait besoin d’être remis à l’endroit.

[Une nomination dans un contexte d’urgence ]

Nommé dans un contexte précédé par des mutineries, Hamed Bakayoko, le ministre d’État, ministre de la Défense (Memd), n’a pas eu de répit. De Zambakro à Toroguhé en passant par Abidjan, il a voulu, à la demande du chef de l’État, être présent à de nombreuses cérémonies déjà programmées.

Cette présence sur le terrain est, bien sûr, une opération de séduction pour un ministre dont on avait dit, à tort, qu’il n’était guère aimé par les militaires, parce qu’il aurait été contre le paiement des primes.

Mais, il s’agit, en même temps, d’expliquer l’action et la vision du Président de la République en matière de Défense, de montrer la volonté du gouvernement de répondre aux attentes des militaires.
Le style fait de proximité et de convivialité, l’emploi d’un langage de vérité, ont permis à Hamed Bakayoko  de se faire accepter par les forces armées et la gendarmerie qui attendaient ces messages de discipline, de défense de la patrie, de rigueur et d’honneur.

Chez Hamed Bakayoko, qui est avant tout un homme de terrain, de contact direct, les mots sont vifs, la parole est forte, la posture est engagée et déterminée.

Les soldats voient qu’ils ont en face d’eux, un ministre déterminé à les défendre sur les dossiers pouvant leur permettre d’avoir de meilleures conditions de vie et de travail, un ministre totalement engagé à leur côté,  passionné par son travail, fier de les servir, valorisant le ministère et se lançant le défi de réussir à la Défense comme cela avait été auparavant dans le secteur des Ntics, à l’Intérieur et la Sécurité.

Hamed Bakayoko leur a dit qu’il attendait, en retour, une armée disciplinée au service de l’État, de la République, méritant ainsi la confiance et la satisfaction du ministre, du Président Ouattara, mais aussi de la population.

La nomination d’Hamed Bakayoko n’est pas une opération politicienne, destinée à servir d’écran de fumée pour masquer une quelconque incapacité du gouvernement à relever le défi de la réforme des armées. C’est plutôt une suite logique, un coaching bien réfléchi, qui met fin à l’intervention en sous main, du patron de la sécurité, dans les questions de l’Armée et de la Gendarmerie, acteurs clés et essentiels de la sécurité, de la sûreté et de la stabilité d’un État.

C’est un Hamed Bakayoko plein d’enthousiasme, le cœur à la tâche, que les militaires découvrent à l’œuvre et en action, depuis trois semaines. Son enthousiasme est contagieux. Comment refuser d’aider un tel homme, et comment contrarier un volontarisme si contagieux !

[Un ministre attendu]

L’annonce de sa nomination avait effectivement provoqué des cris de joie dans les casernes, des cris de joie vite étouffés par l’attaque de l’Ecole de police, qui a fait la « Une » des journaux. Mais, c’est bel et bien une réalité qui s’impose à tous aujourd’hui : Hamed Bakayoko était un ministre attendu par les armées, à la fois pour son tempérament, sa capacité d’écoute et de dialogue, mais aussi parce qu’il est l’homme de confiance du Président de la République.

Bien entendu, certains ont voulu ouvrir le « bal des jaloux ». Ils parlent de secrets militaires dévoilés, là où la diffusion des images de fusion avec les hommes, du ministre rassure les populations, mais aussi les bailleurs de fonds et la communauté internationale.

Ils dénoncent un affaiblissement des capacités des forces armées, alors qu’aucune révélation  n’est faite sur les capacités d’action des militaires, ni sur les opérations et les plans de déploiement. Ils refusent de voir la mise en valeur et la remise en confiance d’un corps exclu de la cérémonie nationale d’excellence, et aussi pour certains, du défilé de la fête de l’Indépendance du pays. Ils se demandent si un ministre de la Défense doit, en temps de paix, s’habiller en treillis, alors qu’il s’agit d’une marque de respect envers les forces armées. D’ailleurs,

Hamed Bakayoko ne boude pas son plaisir d’être au milieu des militaires, soldats et officiers, habillé en treillis. Le message est clair : je suis des vôtres, je ne suis pas un technocrate en costume-cravate envoyé par Abidjan, ni pour rester dans des bureaux climatisés.

Hamed Bakayoko est en action et en mission, non pour lui, mais pour le Chef suprême des armées, Alassane Ouattara, son seul et vrai patron.Il est en mission aussi pour l’État, la nation et la République. Il est en mission pour le peuple ivoirien.

Les détracteurs voient d’un mauvais œil le parcours sans faute qui est le sien aux différents postes qu’il a occupés. Leur manière d’appréhender l’action d’un ministre reste très conventionnelle et technocratique, avec un art consommé de la langue de bois.

Incontestablement, les premiers pas du ministre d’État sont rassurants, parce qu’ils sont au plus près du terrain et qu’ils font partie d’une vision globale, celle du Chef de l’État.
Le rôle d’Hamed Bakayoko n’est pas d’empêcher les incendies dont les conditions étaient déjà réunies depuis longtemps ; il n’est pas d’éteindre ces incendies que nous subissons encore avec les différentes attaques en cours , même s’il fallait agir dans l’urgence.

Son rôle est d’agir pour régler les causes profondes de cette situation, en déploiement et en implémentation des « solutions Ouattara » pour les forces de sécurité : projeter les forces armées et de sécurité dans le futur, apportant des solutions dans les domaines-clé  : l’amélioration des conditions de vie  des forces armées et des gendarmes de Côte d’Ivoire, la dotation en équipements, dans une loi de programmation, pour que l’armée puisse accomplir sa très haute mission au service de la Nation et des populations.

Charles Kouassi

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