Sport

Basket-ball ivoirien : les 5 candidats à la présidence de la fédération à la loupe

Par Charles Kouassi9 décembre 2015

La Commission Electorale de la fédération Ivoirienne de basket-ball (FIBB) a rendu publique la une liste de 5 candidats retenus pour l’élection à la présidence de la fédération, le 9 janvier 2016.

Afrikipresse.fr passe en revue le profil de chaque candidat avec ses forces et ses faiblesses.

Boly Iliahiry Charles Emmanuel

La cinquantaine bien entamée, Charles Boly est déterminé à prendre les rênes de la FIBB après des années de gestion en tant que dirigeant de club. Le basket, il le côtoie depuis de longues années. Il a été dirigeant de l’Africa Sports d’Abidjan avant d’atterrir dans le club de Voltaire où il assure la présidence. Depuis lors, il fait corps avec ce club qu’il essaie tant bien que mal de tirer vers le haut. Il a concocté un plan pour redresser le basket-ball ivoirien actuellement en difficultés. Il y a deux ans, alors qu’il s’occupait de la cellule des jeunes sous le président sortant, Touré Aboubacary, il a eu des relations tumultueuses avec les centres de formation pour une question d’argent. Cette histoire a secoué la famille du basket-ball et n’a pas été du goût de nombre de présidents de club. Ses soutiens sont peu connus et Boly Charles n’a pas été un pratiquant de la discipline, ce que des responsables de clubs lui rappellent souvent. Dans la vie civile, il occupe un poste de responsabilité dans un établissement d’enseignement général et professionnel.

Adé Mensah Arsène François Désiré

International français, Adé Mensah n’a jamais pratiqué le basket-ball dans son pays. Ses preuves en tant qu’athlète, il les a faites en France. Il lui est reproché sa méconnaissance des réalités du basket-ball ivoirien. Et plusieurs faits majeurs l’attestent. : vice-président de l’équipe sortante, il a dû démissionner pour des raisons qui lui étaient propres. Nommé sélectionneur national, il avait encore rendu le tablier avant les Jeux Africains d’Alger. De lui, on dit donc qu’il est l’homme de démissions. A ce sujet, un dirigeant de club a affirmé sous le sceau de l’anonymat : ‘’Nous ne sommes pas prêts à confier notre discipline à un homme qui pense qu’il peut prospérer avec cet esprit où pour si peu, il rend sa démission. Son vrai problème, il ne connaît pas bien le basket-ball ivoirien. Il est très loin de nos réalités. Si nous faisons l’erreur de lui confier la présidence de la FIBB, nous allons plonger davantage’’. Les basketteurs ne lui pardonnent donc pas qu’il les lâche pour si peu. Il est coupé du basket local et n’est réapparu que pour l’élection du 9 janvier. Puisqu’il vit pratiquement en France où se trouve sa base. Il est considéré comme un outsider. Adé Mensah compte mettre son expérience internationale et son carnet d’adresses au service du basket-ball de son pays. Son staff de campagne fonde un grand espoir en lui. ‘’ Quand Adé va gagner, le basket va redécoller nous en sommes sûrs’’, a indiqué un membre de son entourage qui avance que l’homme a de nombreux soutiens derrière lui.

Agui-Miezan Atchay Mathieu

On lui reproche son franc-parler. D’autres vont jusqu’à dire qu’il a un regard condescendant. A la vérité, Agui-Miezan aime dire haut et fort ce que les autres pensent bas. Véritable amoureux de la balle au panier, il a joué en France quand il y était pour des raisons scolaires. De retour en Côte d’Ivoire, il a également évolué sous les couleurs du Stade d’Abidjan durant deux saisons avant d’occuper le poste de secrétaire général du club bleu et rouge. Anciennement vice-président de Zénith HBC, il a écrit de belles lettres avec ce club. Par la suite, il a rejoint les rangs un club de prestige, Dur Comme Cailloux (DCC), un groupement d’intérêts sportifs qui a droit de vote et dont il assure la présidence depuis des années. Agui Mathieu est donc un enfant du basket-ball ivoirien. Ses soutiens, ont pour noms Dié Drissa, Mathieu Nanock, Karidja Diallo, Alpha Mané, Abou Bakayoko, Alfred Kessin…tous des anciens joueurs internationaux. Directeur d’une entreprise à caractère multinational, Agui-Miezan Mathieu a réussi à mobiliser de jeunes cadres de grosses entreprises de la place autour de lui. Sans oublier ses soutiens à l’extérieur. Avec à l’appui un ambitieux programme pour la relance de la discipline. Le candidat malheureux de 2003 a conscience qu’il représente un espoir sûr pour la discipline après le départ de Bilé Alphonse et de Koré Moise deux présidents qu’il a servis comme vice-président. En plus des clubs, il a visité les sept ligues du pays. ‘’Notre choix s’est porté sur Agui parce qu’il est le seul actuellement capable de sortir notre basket de sa léthargie’’, glisse un président de club qui a préféré garder l’anonymat.

Attoh Nanguy Narcisse Hervé

Assureur dans la vie professionnelle, Attoh est dans la vie sportive, le 1er vice-président de l’équipe de Touré Aboubacary, l’équipe sortante. Président également de Zénith HBC, il est présent dans le milieu de la balle au panier depuis de longues années. Bien que n’ayant pas touché à la balle, il la sert à sa manière. Seulement, le club qu’il dirige depuis de nombreuses années broie du noir ces dernières années. L’équipe est en dernière position au classement de la Nationale 2 (N2), catégorie (très inférieure) dans laquelle elle évolue après avoir tutoyé le sommet dans un passé récent. On reproche à Attoh ses apparitions sporadiques et son manque véritable d’engagement aux côtés du basket. Ce qui l’éloigne souventes fois des basketteurs. ‘’Il n’est présent que lors des grands mouvements comme les élections par exemple et après, il disparaît. En fait il n’est pas là jusqu’au bout’’, fait remarquer un observateur. Ce langage, un autre le tient autrement. ‘’Attoh peut faire l’affaire du basket-ball ivoirien. Il a les hommes et les idées et est dévoué. Il saura aussi rechercher les moyens pour faire avancer la discipline’’, confie un de ses proches que nous avons contacté. Parlant des hommes, il a avec lui le président de l’Africa Sports d’Abidjan, Ouattara Remy, Jacques Andoh, ancien ministre et ancien international et ancien vice-président sous plusieurs comités directeurs (il s’est prononcé pour une candidature mais s’est désisté au dernier moment au profit de son poulain) et bien d’autres têtes bien connues du lieu… Attoh Narcisse semble très sûr de son affaire. Mais Attoh pourrait surprendre plus d’un. Il est considéré comme la troisième force de ce scrutin.

Coulibaly Mahama

Il est considéré comme la deuxième force parmi les candidats. Le jeune loup d’il y a quatre ans a maintenant les dents longues pour s’assurer le fauteuil présidentiel. Il a mûri bien que demeurant le plus jeune des candidats. La quarantaine à peine entamée, Coulibaly Mahama, pense que son heure est largement arrivée après son échec face à Touré Aboubacary en 2011. Il a plusieurs atouts, c’est qu’il est le président d’un club féminin, le CSA qui est sous les rampes de l’actualité et qui rivalise ces dernières années avec l’ABC, l’autre géant du basket féminin ivoirien. Diplômé en marketing, Coulibaly Mahama est un grand communicateur. Il est chef d’entreprise, responsable d’un site sportif et l’actuel président des Afficheurs de Côte d’Ivoire. Avec son équipe qui ravitaille la sélection nationale féminine, il a su s’imposer et se faire un nom dans le milieu du basket qu’il côtoie déjà depuis quelques années. Pour avoir été candidat (malheureux), il s’est désormais imprégné de la dure réalité de la campagne. Cette campagne, il l’a préparée à feux doux, sans trompette ni fanfare. Il l’a menée à sa manière tout en se voulant réaliste. A travers ses nombreux voyages, le jeune loup a tissé de nombreux contacts qu’il compte faire bénéficier le basket de son pays. Seulement, il devra faire face à la dure réalité du terrain. Coulibaly Mahama sait que les choses ne s’annoncent pas du tout facile avec d’abord le grand nombre de candidatures. Une grande première ces vingt dernières années. Des candidatures dont le favori demeure Agui Miezan Mathieu qui a une grande maîtrise les arcanes du milieu. De plus, on lui reproche sa trop grande distance vis-à-vis de ses pairs. Homme peu prolixe, il n’est pas trop dans le moule de ses pairs parce qu’il ne partage pas ses heures perdues avec eux. Chose qui compte énormément chez les basketteurs ivoiriens. Pour n’avoir pas pratiqué la discipline en tant que joueur, le jeune Coulibaly souffre quelque peu de ‘’l’ostracisme’’ que lui inflige ses pairs. Enfin, ses nombreuses démêlées et autres frasques avec la fédération sous le président Koré Moise ne sont pas faites pour l’arranger. Son échec en 2011 tire ses racines de là. Pourvu qu’il ait tiré des leçons de cette parenthèse malheureuse.

Adou Mel

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