Afrique

Bénin : les 5 signes annonciateurs d’une Afrique de l’Ouest émergente , selon Guillaume Soro

Par Charles Kouassi14 juin 2015

Invité à l’investiture du nouveau président du parlement béninois, Adrien Houngbédji, le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, a mis l’accent sur les conditions permettant d’assurer un essor fulgurant de la sous-région ouest africaine.

Pour lui, ce sont des signes. Mais des signes qui ne trompent pas.

« Il y a un premier signe, c’est celui de l’environnement géo-climatique particulièrement favorable dont bénéficie notre sous-région : n’y a-t-il pas en effet, dans cet immense cercle de terres fertiles et abondamment irriguées que renferme et protège le bassin du Niger, une véritable harmonie préétablie entre tous les pays qui en bénéficient, et tous les peuples de la région, si privilégiés par la nature, n’étaient-ils pas par là même invités à la mettre en valeur et à en partager équitablement les fruits ?

Nous sommes tous des enfants du Niger et nous pouvons nous réjouir d’avoir à notre disposition tant de ressources encore inexploitées que, par anticipation et par précaution, Dame Nature a bien voulu déposer dans le berceau de nos sociétés.

Dans l’existence du Conseil de l’Entente, je vois un deuxième signe, et c’est pourquoi nous devons nous investir pour que cette alliance institutionnelle et politique soit pérenniser et de renforcer : sachons donner à la pionnière de nos organisations sous-régionales, une nouvelle vie.

Et ce n’est donc plus, à ce moment là, de studieux cabinets d’architectes et de savants business plans dont il s’agit, mais bien d’une force populaire qui se projette vers un horizon qui n’appartient qu’à elle et qui donne un sens à sa propre histoire, telle qu’elle s’écrit comme un chapitre enluminé dans le grand livre de l’humanité.

Il en est ainsi, selon moi, de ce vaste projet de construction d’un arc ferroviaire, qui relierait, (je préfère dire « qui reliera ») Abidjan à Lomé, en passant par Bouaké, Ferké, Ouaga, Niamey et Cotonou.

Tel est le troisième signe, annonciateur de dynamisme et de modernité, comme le seront les valeureux ouvriers spécialisés qui gagneront cette nouvelle bataille du rail !

Et nous voici arrivés au quatrième signe qui, pour notre plus grand malheur, ne nous interpelle que par la violence aveugle qu’il nous faut combattre. Avec beaucoup d’amertume, nous en sommes réduits à faire la guerre à la guerre, à user de la violence pour lutter contre la violence, car  le recours à la force est une extrémité à laquelle il faut bien se résoudre, quand on a pour adversaires d’irréductibles et incorrigibles ennemis de la justice et de la paix, et qui se sont spécialisés dans le rapt de jeunes filles et les supplices sacrificiels et médiatisés.

Le cinquième et dernier signe concerne la place qu’il convient d’assigner à l’être humain,  au cœur de cette aventure fatale ou providentielle que lui assigne son destin. Je ne vous cache pas qu’à certains moments, j’ai comme le sentiment que l’homme a quelques difficultés à assumer son humanité : au lieu de se prendre en charge et de relever avec courage et détermination les défis qui se présentent devant eux, nombreux sont ceux qui s’en prennent au monde entier.

Nous avons des difficultés, entend-t-on ici ou là, car la nature ne s’est pas montrée très clémente et très bienveillante à notre égard : ‘‘trop humide’’, dit l’Ivoirien, ‘‘trop aride’’, répond le Burkinabé ; ‘‘trop éloigné’’, se désole le  Nigérien, ‘‘trop exposé’’, rétorque le Béninois ! »

Ariel Gbaguid , à Cotonou

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