Culture

Bob Marley Day : ex-vedette du petit écran , l’ivoirien Georges Benson raconte la star jamaïcaine

Par Charles Kouassi10 mai 2015

Dans le cadre de la commémoration des 34 ans de la disparition de Bob Marley, l’ex-vedette de la télévision ivoirienne, Georges Taï Benson qui avait entrepris, en mars 1979, de faire venir la star du reggae à Abidjan pour un concert, témoigne.

«C’est un sénégalais du nom de Johny Seka qui était passé à Abidjan parce qu’il avait acheté la tournée africaine de Bob Marley. Ce dernier avait un ami à New-York, du nom de Daniel Cuxac, à qui il a posé la question suivante : «qui me conseilles-tu pour acheter l’étape de la Côte d’Ivoire, pour la tournée africaine de Bob Marley» ? Et celui-ci lui a répondu ‘’Georges Benson !’’. Et Johny Séka est venu en Côte d’Ivoire me contacter et nous avons discuté. Et j’ai accepté d’acheter l’escale ivoirienne de la tournée africaine de Bob Marley et je lui ai versé la moitié du cachet qu’il avait arrêté. Puis, nous sommes partis aux États-Unis pour mettre en branle toute la communication autour de l’événement. Puis un jour, Daniel Cuxac qui travaillait à l’époque à Air Afrique, à Abidjan m’a appelé pour me demander de me rendre rapidement aux États-Unis récupérer l’argent que j’avais dégagé dans le cadre de cette tournée parce que Johny Seka était mourant. (…) Je prends donc toutes les dispositions et 24 heures plus tard, je saute dans le premier avion et je me retrouve aux États-Unis. Une fois à New-York, je me rends dans l’hôpital où était soigné Johny Seka. Heureusement, ou malheureusement, au moment où j’arrive il y avait Bob Marley, sa maman et son manager Jack Taylor qui étaient dans la chambre, au chevet du malade. Lors que je suis arrivé, ce dernier, bien que très affaibli par la maladie était tout de même conscient. Il m’a présenté à Bob Marley et aux autres. Et s’adressant à moi, il a dit : «Tu sais Benson, avec cette tournée, on va vraiment remuer le continent. (…) Est-ce que tu sais que Bob Marley est le grand chantre de la liberté en Afrique ? Tu vas voir, ça va faire un carton, en Afrique ». Mais il faut souligner qu’il tenait tous ses propos presque dans un râle…. Après ces propos, le médecin m’a prit de côté et m’a dit ; ‘’On m’a dit que vous venez d’Afrique, laissez-moi vous dire que ce monsieur va mourir demain ou après demain’’. J’ai parlé ensuite à Jack Taylor parce que je voulais racheter maintenant toute la tournée africaine. Il voit Bob Marley qui répond qu’il ne mettra pas les pieds en Afrique si Johny Séka n’est pas dans le coup. Toutefois, j’ai continué la discussion avec Bob Marley à Miami lorsque Jack Taylor a négocié pour que je monte à leurs côtés, dans l’avion spécial de Bob Marley. Et une fois à Miami, j’ai habité chez Bob Marley pendant 8 jours. Entre temps, John Séka est mort , ce qui a ruiné tous les espoirs de faire déplacer Bob Marley en Côte d’Ivoire. Sur le choc, j’ai appelé Abidjan pour demander à mon épouse et à mes collaborateurs de rembourser le prix des billets des personnes qui avait déjà acheté les tickets. Puis, malheureusement, nous avons été confrontés aux imprimeurs de faux billets qui se sont présentés les premiers et ils ont pris tout l’argent. Bref ! Jusqu’aujourd’hui, cette histoire me fait très mal. En clair, j’ai eu beaucoup de difficultés parce que je n’ai pas pu rembourser tout le monde, je l’avoue. Parce que les fabriquant de faux billets s’étaient fait rembourser….Je porte cela comme une croix jusqu’aujourd’hui. Les journalistes qui m’aimaient à l’époque s’en sont donnés à cœur joie pour me taper dessus. Et pourtant à côté de cette malheureuse situation qui n’est pas de mon fait, j’ai réussi beaucoup de grandes choses qui n’ont jamais été mentionnées parce qu’on ne fouille que dans les poubelles. J’ai fait par exemple venir en Afrique, l’équipe d’Harlem Globetrotters et le groupe Kool and The Gang. Aujourd’hui, avec mes 50 ans de télévision, je regarde devant, je ne regarde plus derrière. Pour ce qui est du témoignage que je pourrais faire de Bob Marley, c’est que c’était un garçon très affable. Très amoureux de l’Afrique, qui savait également qu’il était une voix qui compte, aussi bien sur le continent que dans le monde. Pendant les 8 jours que j’ai passé à Miami avec lui, je ne l’ai jamais vu fumer de l’herbe. Ils avaient leur lieu de répétition dans le sous sol de sa résidence. C’est lorsqu’ils se retrouvaient là-bas, loin des regards, qu’ils fumaient. Il me disait : ‘’Tu n’as pas à venir ici, vas avec maman !’’. Il ne voulait pas me mêler à cela ».

Claude Dassé

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