Les Journées Internationales de l’Entrepreneuriat des Femmes Africaines (JIEFA) Expo Bouaké et le Bouaké Média Forum (BMF) 2025 ont placé la sécurité routière au centre du débat, en lien avec les enjeux de l’autonomisation des femmes.
Les 25 et 26 juillet 2025, l’Hôtel de Ville de Bouaké a accueilli deux journées de réflexions et de partages autour du thème : « Sécurité routière : enjeux et défis pour l’autonomisation des femmes ». L’événement a réuni femmes entrepreneures, jeunes, autorités, acteurs du transport et partenaires du développement, venus échanger sur un sujet à la croisée des droits, de la mobilité et de l’émancipation économique.
Un défi de société à relever
La recrudescence des accidents de la route reste un frein majeur à l’activité quotidienne des femmes, en particulier dans les zones urbaines et rurales. En ouvrant les échanges, Mohammed Diabagaté, Délégué régional de l’ARTI pour le Gbêkê, a rappelé : « L’accès à un transport sûr, fiable et abordable conditionne l’autonomisation des femmes rurales et urbaines. Trop de vies sont encore perdues. Cela freine leur potentiel. »
Une question de culture et de communication
Intervenant en tant qu’expert en communication, Wakili Alafé, PDG du Groupe Média L’Intelligent d’Abidjan, a insisté sur la nécessité de construire une culture de la sécurité routière, en s’appuyant sur les médias et les campagnes de proximité.
« Il faut responsabiliser les conducteurs, souvent des hommes, et faire de la sécurité routière une norme sociale, pas un luxe », a-t-il affirmé. Il a aussi proposé des facilitations pour l’acquisition du permis de conduire par les femmes.
Entrepreneuriat, mobilité et vulnérabilité féminine
Anastasie Touré, entrepreneure ivoirienne, a quant à elle livré un témoignage sur les difficultés de mobilité des femmes : « Comment une femme peut-elle vendre, livrer ou gérer ses affaires si elle vit dans la peur permanente d’un accident ou d’un harcèlement sur le trajet ? » Une parole qui a trouvé un écho fort dans la salle.
Recommandations et engagements
Les discussions ont abouti à plusieurs pistes concrètes :
- Formation des conducteurs de transport en commun
- Mise en place de lignes sécurisées pour les femmes
- Renforcement des sanctions contre les comportements à risque
- Accès facilité au permis de conduire pour les femmes souhaitant travailler dans le secteur
Le Commissariat Général des JIEFA et du BMF a promis un suivi actif de ces recommandations, avec une perspective d’intégration du genre dans les politiques locales de mobilité et de sécurité.
Technologies, nouveaux médias et entrepreneuriat
Un second panel, consacré à l’usage des nouvelles technologies par les femmes, a permis de mettre en lumière les opportunités offertes par les médias numériques.
Aboubacar Koné (professeur de mathématiques , SG adjoint de la société civile Africanisme), Lassina Bamba (consultant, président de l’Organisation Mondiale de l’Entrepreneuriat) et Mariame Diomandé (vendeuse en ligne) ont partagé leurs expériences. Ils ont souligné l’importance de la digitalisation pour pérenniser les activités économiques des femmes.
Valorisation du savoir-faire féminin
Parallèlement aux panels, une exposition-vente a été organisée sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville. Artisanes, productrices et commerçantes y ont présenté leurs créations. Le samedi, les ateliers et témoignages ont renforcé les liens entre participantes.
La journée s’est achevée par une visite des stands conduite par Monsieur Koné Yaya, Directeur de Cabinet du Maire de Bouaké. Enthousiastes, les exposantes ont exprimé leur satisfaction et leur volonté de devenir ambassadrices des JIEFA et du BMF.
Un rendez-vous citoyen pour un développement local inclusif
Cet événement a démontré que l’autonomisation des femmes passe aussi par la route. En mettant en lumière l’impact de la mobilité sur les droits économiques et sociaux des femmes, les JIEFA et le BMF 2025 ont offert à Bouaké un espace de dialogue et de solutions pour un développement plus juste et participatif.
Une contribution de Coulibaly Alimatou Nabougoury, Service Communication – OME Bouaké