Société

Bouaké : Une conférence pour sensibiliser sur l’hémophilie

Par La Rédaction23 avril 2025

À l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l’hémophilie, célébrée chaque 17 avril, l’unité d’oncologie médicale du service d’hématologie clinique du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bouaké a organisé, le mercredi 17 avril 2025, une conférence de sensibilisation dans la salle de conférence du CHU. Cette initiative, portée en partenariat avec le Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles, la Fédération mondiale d’hémophilie et l’Association des hémophiles de Côte d’Ivoire, a bénéficié de l’appui technique du ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle.

L’objectif de cette journée, selon les organisateurs, est de porter le message dans les communautés afin de détecter et prendre en charge les patients atteints d’hémophilie, une pathologie souvent méconnue. Plusieurs participants issus de divers horizons ont pris part à cette rencontre de sensibilisation.

Le professeur Ayemou Roméo, onco-hématologue et chef de l’unité d’oncologie et d’hématologie du CHU de Bouaké, a animé la conférence. Il a expliqué que l’hémophilie est une maladie hémorragique héréditaire rare, grave et invalidante, caractérisée par des saignements prolongés dus à l’absence du facteur de coagulation VIII ou IX.

« L’hémophilie est une maladie du sang qui affecte la coagulation, provoquant ainsi des saignements anormaux chez les personnes atteintes », a-t-il précisé.

Un traitement coûteux mais pris en charge

Le professeur Ayemou a également rappelé que, bien que le traitement de l’hémophilie soit extrêmement onéreux coûtant en moyenne 200 millions de francs CFA par an par patient, il est désormais offert gratuitement par l’État ivoirien.

« C’est une avancée majeure dans la prise en charge de cette maladie. Le traitement permet aux patients de vivre normalement et d’éviter de graves complications », a-t-il ajouté.

Des chiffres inquiétants

Malgré ces efforts, la situation reste préoccupante. Selon le docteur Botti René Marie-Paule, chef de service à l’unité d’oncologie de Bouaké et présidente du comité d’organisation de l’événement, l’hémophilie est une “tueuse silencieuse” encore peu dépistée dans le pays.

« Aujourd’hui, en Côte d’Ivoire, plus de 140 personnes sont diagnostiquées hémophiles. À Bouaké, nous suivons régulièrement 18 patients », a-t-elle déploré.

Pour renforcer la détection précoce, le docteur Botti a lancé un appel à la population : « J’invite les parents, frères et sœurs : si vous connaissez une personne qui présente des saignements inexpliqués, encouragez-la à consulter », a-t-elle exhorté.

La rencontre s’est achevée par des témoignages poignants de patients et de parents d’enfants hémophiles.

Kouamé Innocent, parent d’un enfant malade, a partagé son expérience : « Mon enfant a contracté cette maladie six mois après sa naissance. Grâce aux traitements, il se porte mieux aujourd’hui. Chaque parent doit prendre ses responsabilités pour sauver les enfants atteints », a-t-il conseillé.

Nambacéré Joël

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