Depuis le samedi 28 février 2026, Amir Abdou, précédemment sélectionneur des Mourabitounes de la Mauritanie, a été nommé sélectionneur des Étalons du Burkina Faso, en remplacement de Brama Traoré. Très attendu après la campagne jugée décevante du Burkina Faso à la CAN 2025 disputée au Maroc, le technicien franco-comorien suscite de nombreux commentaires. Quatre journalistes sportifs burkinabè, Antoine Battiono, Kader Traoré, Ollo Aimé Césaire Hien et Antoine Yaogo, livrent leurs analyses sur cette nomination à la tête de la sélection du Burkina Faso.
Antoine Battiono (letalon.net) « On verra le projet avec lui »
« La Fédération a fait un bon choix au vu du profil et surtout du parcours d’Amir Abdou, même s’il est différent de celui de nombreux techniciens ayant sillonné le continent africain. Huit ans à la tête des Comores avec, à la clé, une première participation historique à la CAN 2021 au Cameroun et une qualification en huitièmes de finale. Il a également conduit la Mauritanie en huitièmes de finale lors de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire.
Avec de tels résultats, on peut parler d’un choix pertinent, même s’il faudra tenir compte de certaines réalités. La vérité viendra du terrain, mais aussi du projet qui lui sera confié : l’environnement de travail, les objectifs et la durée.
Amir Abdou connaît déjà bien le Burkina Faso pour l’avoir affronté à deux reprises en CAN. Partout où il est passé, il a montré une grande rigueur et une forte personnalité, capable d’instaurer de l’ordre dans le vestiaire. S’il parvient à cela avec les Étalons, il pourra viser de bons résultats. »
Kader Traoré (L’Observateur Paalga) « Il connaît bien le football africain »
« C’est un bon choix dans la mesure où Amir Abdou est un technicien africain qui connaît bien le football du continent. Il a qualifié les Comores et la Mauritanie à la CAN, ce qui est déjà un bon baromètre.
La nuance, c’est qu’il a entraîné des équipes d’un niveau inférieur à celui du Burkina Faso, qui compte une dizaine de participations à la CAN et a même disputé une finale. Son principal fait d’armes reste les huitièmes de finale. Est-ce suffisant pour franchir un cap supplémentaire ? Je n’en suis pas totalement sûr.
Cela dit, le choix est fait. On espère qu’il apportera son leadership et sa touche personnelle. Le fait qu’il arrive avec son propre staff est un point positif pour une meilleure autonomie dans la gestion du groupe. »
Ollo Aimé Césaire Hien (Sidwaya Sport) « Il faut lui permettre de travailler… »
« Après le limogeage de Brama Traoré à l’issue de la CAN marocaine, le football burkinabè attendait un sélectionneur caractériel, capable d’imposer la discipline et de donner une identité de jeu claire.
L’expérience d’un entraîneur local a montré ses limites, d’où l’ouverture vers l’extérieur. Parmi 62 candidatures, celle d’Amir Abdou a répondu aux critères de la Fédération.
Le chantier est immense pour ce technicien rigoureux, pédagogue et patient. Son expérience aux Comores et en Mauritanie plaide en sa faveur, à condition qu’il bénéficie de coudées franches et qu’il puisse travailler avec son propre staff. »
Antoine Yaogo (RTB Radio rurale) « Un bon choix pour le Burkina Faso et pour Amir Abdou lui-même »
« C’est un bon choix à la fois pour le Burkina Faso et pour l’entraîneur lui-même. Pour la sélection, une nouvelle page s’ouvre après un cycle qui n’a pas totalement répondu aux attentes. Les Étalons ont besoin d’un nouveau souffle et d’un entraîneur capable de restaurer la discipline au sein du groupe.
Pour Amir Abdou, c’est un véritable défi, car il n’avait encore jamais dirigé une équipe du calibre du Burkina Faso. Mais avec son vécu aux Comores et en Mauritanie, je suis convaincu qu’il peut relever ce challenge, à condition d’avoir les moyens nécessaires pour travailler sereinement. »
Propos recueillis par Adou Mel