Le gouvernement ghanéen a annoncé, le 12 février 2026 à Accra, une révision à la baisse du prix à la production du cacao pour le reste de la campagne cacaoyère 2025/2026, dans un contexte marqué par la chute persistante des cours mondiaux. Lors d’une conférence de presse, le ministre des Finances, Dr Cassiel Ato Forson, a indiqué que le prix producteur est désormais fixé à 41 392 GH¢ la tonne, soit 2 587 GH¢ le sac de 64 kilogrammes.
Cette décision entraîne une baisse significative du prix départ exploitation, qui passe de 3 625 GH¢ à 2 587 GH¢ le sac, après plusieurs mois de pression sur le marché international du cacao. Le ministre a précisé que cette révision tient compte des réalités du marché mondial tout en visant à préserver la viabilité de la filière cacaoyère nationale.
Le Dr Forson a souligné que, malgré cette réduction, le gouvernement reste engagé à garantir une rémunération équitable et compétitive aux producteurs. Cette mesure s’inscrit dans un ensemble de réformes en cours destinées à accroître la valeur ajoutée locale, stabiliser le secteur et améliorer durablement les revenus des cacaoculteurs, afin de maintenir le Ghana parmi les principaux pays producteurs mondiaux.
Pour rappel, la campagne cacaoyère 2025/2026 avait débuté en août 2025 avec un prix producteur fixé à 51 660 GH¢ la tonne, calculé sur la base de 70 % d’un prix mondial de 7 200 dollars la tonne, avec un taux de change de 10,25 GH¢ pour un dollar américain. Depuis lors, la dégradation des cours internationaux, tombés autour de 4 200 dollars la tonne, a profondément affecté l’équilibre financier du secteur.
Cette annonce intervient alors que les autorités ghanéennes font face à une crise aiguë dans la filière. Le président John Dramani Mahama a convoqué, le 11 février 2026, une réunion d’urgence du Cabinet pour examiner les difficultés persistantes, notamment les retards de paiement aux agriculteurs, l’accumulation de fèves invendues dans les ports et les contraintes de financement des entreprises d’achat agréées. Selon COCOBOD, plus de 10 milliards de GH¢ sont dus à ces sociétés, tandis que des milliers de producteurs n’ont pas été payés depuis novembre 2025, malgré la vente de plus de 530 000 tonnes de cacao, dont 50 000 tonnes restent bloquées dans les ports.
Les discussions gouvernementales portent désormais sur des solutions de paiement à court terme, la révision des mécanismes de fixation des prix et la mise en place de modèles de financement alternatifs, après l’abandon du système traditionnel de prêt syndiqué, afin d’assurer la pérennité du secteur cacaoyer ghanéen.
Pour rappel, en Côte d’Ivoire, le prix bord champ du cacao pour la campagne 2025-2026 a été fixé à 2 800 FCFA le kilogramme, malgré la baisse significative des cours mondiaux.
Touré Abdoulaye