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CAF : VAR, arbitrage, instances juridictionnelles… ce que cachent les réformes annoncées par Patrice Motsepe

Par Adou Mel30 mars 2026

Dans un communiqué publié le dimanche 29 mars 2026, à l’issue d’une réunion de son Comité exécutif tenue le même jour, la Confédération Africaine de Football (CAF) a annoncé une série de réformes destinées à renforcer la crédibilité de l’arbitrage, de l’Assistance Vidéo (VAR) et de ses instances juridictionnelles. Officiellement présentées comme un tournant pour la gouvernance du football africain, ces mesures suscitent toutefois de nombreuses interrogations. Pour plusieurs observateurs, elles traduisent surtout un malaise profond qui secoue l’institution depuis plusieurs années.

Une crise latente au sein de la CAF

À l’heure du bilan du premier mandat de quatre ans de son président, Patrice Motsepe, la CAF semble traverser une zone de turbulences marquée par des dissensions internes de plus en plus visibles. L’annonce de ces réformes intervient dans un contexte particulier, notamment marqué par la démission du secrétaire général, Véron Mosengo-Omba.

Une coïncidence qui alimente les spéculations sur l’existence de tensions au sommet de l’instance dirigeante du football africain. Selon plusieurs analystes, ces décisions viseraient à restaurer une confiance entamée, tant au sein des fédérations membres que parmi les acteurs du football continental.

Des accusations de gouvernance contestée

Depuis l’élection de Patrice Motsepe à la tête de la CAF le 12 mars 2021, des critiques récurrentes émergent quant à la gouvernance de l’institution. Certaines fédérations et observateurs dénoncent une influence jugée excessive du Maroc dans les prises de décision. Ces critiques portent notamment sur l’organisation répétée d’événements et de réunions sur le sol marocain, ainsi que sur l’attribution de plusieurs compétitions.

Une situation qui, selon ses détracteurs, alimente un sentiment de déséquilibre dans la gestion de la CAF. Par ailleurs, le rôle du secrétaire général sortant, Véron Mosengo-Omba, est également pointé du doigt. Plusieurs témoignages évoquent une centralisation du pouvoir décisionnel le plus souvent au profit du Maroc.

L’affaire de la CAN 2025 au cœur des tensions

L’un des épisodes les plus controversés reste la décision du Jury d’appel de la CAF de retirer au Sénégal son titre de champion d’Afrique, à la suite d’un recours introduit par le Maroc, finaliste de la CAN 2025. Cette décision a suscité une vive polémique. Des accusations de pressions et de dysfonctionnements au sein des instances juridictionnelles ont été évoquées par certaines parties, même si à ce stade, aucune conclusion officielle n’est venue les étayer.

Dans la foulée, des soupçons de corruption ont également été avancés par des responsables sénégalais, contribuant à accentuer la crise de confiance autour de l’instance continentale.

Des précédents qui interrogent

Cette situation rappelle d’autres épisodes ayant marqué la gouvernance de la CAF. En 2024, le président de la Commission Centrale des Arbitres de la CAF, l’Ivoirien Noumandiez Doué, avait été relevé de ses fonctions dans un contexte déjà tendu, après la finale de la CAN féminine.

Cet événement avait suscité de nombreuses réactions au sein du football africain, certains y ont vu déjà des signes de tensions politiques et d’ingérences dans les décisions techniques.

Une institution sous pression

Aujourd’hui, la CAF apparaît fragilisée par ces controverses successives. Des divergences de vues s’expriment ouvertement au sein même de son Comité Exécutif, tandis que plusieurs fédérations réclament davantage de transparence dans la gestion de l’institution.

Dans ce climat tendu, Patrice Motsepe a annoncé une visite prochaine au Sénégal, dans l’objectif d’apaiser les tensions. Mais pour de nombreux observateurs, les réformes annoncées pourraient ne pas suffire à résoudre une crise jugée plus profonde.

Le silence de la FIFA interroge

Autre élément marquant : la discrétion du président de la FIFA, Gianni Infantino, habituellement prompt à intervenir sur les questions touchant à la gouvernance du football africain. Son silence face aux turbulences actuelles de la CAF suscite des interrogations, alors que l’instance continentale tente de restaurer son image et de rétablir la confiance face au déluge de critiques et d’accusations a n’en point finir depuis quelques années. 

Adou Mel

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