Opinion

Cameroun : le secteur maritime sous pression d’intérêts étrangers

Par La Rédaction18 avril 2026

Au Cameroun, en 2025, le secteur maritime stratégique, centré autour des ports de Douala et Kribi, fait face à une montée des influences étrangères. Entre pavillon controversé, pêche industrielle et financements extérieurs, ces pressions interrogent la souveraineté économique et sécuritaire du pays en Afrique centrale.

Un pavillon maritime fragilisé et controversé

Le Cameroun est confronté à une crise de gouvernance de son pavillon maritime. Fin 2025, l’immatriculation de 37 navires liés à une flotte dite « fantôme » russe a suscité une polémique internationale. Ces bâtiments sont soupçonnés de contourner les sanctions occidentales.

Face à ce scandale, Yaoundé a décidé de suspendre temporairement l’octroi de son pavillon afin de renforcer les contrôles. Cette situation révèle les failles du registre maritime camerounais et entraîne un manque à gagner pour l’État, alors que de nombreux navires opérant dans ses eaux battent pavillon étranger.

Pêche industrielle : pression croissante sur les ressources

Autre défi majeur : la surexploitation des ressources halieutiques. Des flottes industrielles étrangères, notamment chinoises, opèrent dans les eaux camerounaises, parfois en violation des zones réservées à la pêche artisanale.

Ces pratiques menacent directement les pêcheurs locaux et contribuent à l’épuisement des stocks marins. Elles soulèvent également des préoccupations environnementales dans le golfe de Guinée.

Infrastructures portuaires et dépendance financière

Le développement du port en eau profonde de Kribi illustre la dépendance croissante aux financements étrangers, en particulier chinois. Si ces investissements modernisent les capacités logistiques, ils posent la question du contrôle à long terme.

Pour les observateurs ivoiriens, cette situation rappelle les enjeux de souveraineté portuaire en Afrique de l’Ouest, où plusieurs États cherchent à mieux encadrer leurs partenariats stratégiques.

Un enjeu régional de souveraineté maritime

Au-delà du Cameroun, ces dynamiques concernent toute la façade atlantique africaine. Le contrôle des ports, des ressources marines et des routes commerciales reste un levier clé de puissance économique et sécuritaire.

À l’heure où la Côte d’Ivoire consolide ses propres infrastructures portuaires, notamment à Abidjan et San Pedro, la situation camerounaise apparaît comme un signal d’alerte pour toute la région.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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