Les États-Unis viennent d’obtenir du conseil de sécurité de l’Onu, le durcissement des sanctions prises contre Pyongyang et de son leader Kim Jong-un en Corée du Nord.
Le 22 décembre dernier, « en réaction au lancement d’un missile balistique intercontinental par la Corée du Nord, le conseil de sécurité des nations unies par sa résolution 2397 impose de nouvelles sanctions fortes aux secteurs de l’énergie, de l’import et de l’export de la Corée du Nord avec de nouvelles autorités maritimes dans le but de contribuer à l’arrêt des activités illicites de contrebande de la Corée du Nord. La résolution 2397 se base sur la résolution 2375 (adaptée en 2017), qui inclut les sanctions les plus fortes jamais imposées à la Corée du Nord, ainsi que sur d’autres résolutions antérieures » dit la résolution onusienne. Elle impose entre autres, la réduction de 75 % du plafond annuel stipulé dans la résolution 2375 sur les exportations de produits pétroliers raffinés de manière à autoriser un maximum de 500 000 barils/an à la Corée du Nord.
En 2016, la Corée du Nord a importé 4,5 millions de barils de pétrole raffiné. À la suite du test nucléaire de septembre, le Conseil de sécurité a plafonné les exportations de pétrole raffiné à destination de la Corée du Nord à 2 millions de barils. Ainsi avec cet abaissement à 500 000 barils, les importations nord-coréennes d’essence, de diesel et d’autres produits raffinés seront réduites de 89 % par rapport à l’été 2017.
À l’origine de cette guerre froide, provocation du côté Nord-Coréen et menace du côté américain « Les Nord-Coréens ne veulent pas être attaqués par les États-Unis et ils pensent que grâce à l’arme nucléaire, ils ne le seront pas. Pendant la guerre de Corée, de 1950 à 1953, le pays a été menacé deux fois de l’arme nucléaire, par les États-Unis. Ce qui a déclenché la volonté du dirigeant de l’époque, Kim Il-sung de lancer son programme nucléaire. C’est un peu l’assurance vie des Nord-Coréens. Aux yeux de Pyongyang, elle permet de dialoguer d’égal à égal avec les États-Unis », analyse la journaliste Juliette Morillot, spécialiste de la Corée du Nord dans les colonnes de Nice Matin. Cependant contrairement à ses prédécesseurs, Donald Trump au pouvoir depuis janvier 2017 ne semble pas fermer les yeux sur les provocations de Pyongyang. Le 5 août 2017, il obtient des 15 pays du conseil de sécurité, le vote à l’unanimité d’une résolution renforçant les sanctions qui prévoient de priver Pyongyang d’un milliard de dollars de recettes annuelles, suite à son essai nucléaire du 28 juillet, le troisième de l’année 2017. Mais les choses vont s’envenimer après la déclaration du dirigeant nord-coréen qui promet faire « payer cher » au président américain les menaces faites lors de la 72e assemblée générale de l’Onu le 19 septembre 2017, de « de détruire complètement la Corée du Nord ». Depuis le début de l’année 2017, la Corée du Nord a lancé 14 tirs de missiles balistiques avec 12 réussites. Selon le site Rtl.fr les missiles intercontinentaux pourraient avoir la capacité d’atteindre la côte ouest et la côte est des États-Unis avec une portée d’environ 10.000 kilomètres. Le journal américain, Washington Post qui cite un rapport confidentiel estime que la Corée du Nord pourrait détenir 60 bombes atomiques actuellement. De quoi à inquiéter Trump, mais aussi le reste du monde . Mais ils sont nombreux à être inquiets quant à l’issue de ce bras de fer dans lequel les autres puissances internationales ne semblent pas regarder dans la même direction , la Russie et la Chine se rangeant du côté Nord-Coréen, tandis que l’ensemble des pays d’Europe est derrière les États-Unis.
En Afrique, personne n’ose ouvertement se prononcer, se contentant pour ceux, membres non permanents du conseil de sécurité de l’Onu, du vote des résolutions. « Quand deux éléphants se battent, la biche se doit de s’y éloigner », dit l’adage.
Philippe Kouhon