AFRIKIPRESSE-Abidjan. Décédé le dimanche 22 février 2015, à l’âge de 98 ans, le Grand Médiateur Honoraire de la République, EKRA Vangah Mathieu a reçu, les hommages de la Côte d’Ivoire au cours d’une cérémonie solennelle au Palais présidentiel . A cette occasion le chef de l’Etat ivoirien a remis à son épouse le drapeau national.
Un insigne honneur pour les bons et loyaux services rendus à la Nation. Des membres de différents des forces de sécurité ont également défilé en hommage au serviteur de l’Etat que fut Mathieu Ekra. Dans l’oraison funèbre qu’il a lue, le Premier ministre ivoirien Daniel Kablan Duncan a rappelé le parcours scolaire administratif et politique du défunt, né à Bonoua, le 27 février 1917. «Mathieu EKRA est, sans conteste, une figure emblématique de l’histoire politique et administrative de notre pays. En effet, compagnon de première heure de Feu le Président Félix Houphouët Boigny , il fut, aux côtés du fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, de tous les combats, d’abord pour l’indépendance politique de notre pays au sein du PDCI-RDA, puis pour la mise en place des fondements du développement de notre pays » a précisé le chef du gouvernement qui a ajouté : « Ainsi, au plan politique, on lui doit la création, en 1946, de la première section du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) à Kankan, en Guinée Conakry ». Réaffecté en Côte d’Ivoire, il poursuivra la lutte politique au sein du PDCI-RDA, dont il fut successivement, Adjoint, puis Secrétaire Général de la Section de Treichville, et, au plan national, membre du Comité Directeur et du Bureau Politique du PDCI-RDA. Tenu pour responsable des incidents du 06 février 1949 survenus à Treichville, Mathieu Ekra est emprisonné le lendemain à Grand-Bassam où il est détenu pendant plus de trois ans. Cet épisode douloureux de sa vie n’entame en rien sa volonté de servir son pays toujours aux côtés de feu Félix Houphouët-Boigny dont il fut le fidèle compagnon de la lutte émancipatrice de la Côte d’Ivoire. En 1956, Mathieu EKRA est élu Conseiller municipal d’Abidjan, Député et Conseiller Général de Côte d’Ivoire en 1959. En 1960, il est membre, puis Chef de la Délégation de la Côte d’Ivoire indépendante à l’ONU.
Il fut l’un des piliers de la pose des bases institutionnelles de la Côte d’Ivoire moderne. Ainsi, il participa à la rédaction de la Première Constitution de notre Pays ». Précieux collaborateur et homme de confiance de Félix Houphouët Boigny ( comme il n’en existe plus trop de nos jours) , Mathieu EKRA a été, presque de manière ininterrompue, appelé dans ses différents Gouvernements, de 1961 à 1990.
L’on peut retenir de cette longue carrière ministérielle que, chaque fois qu’il a été question d’impulser une dynamique nouvelle à certains secteurs ou à des domaines nouveaux comme l’informatique à l’époque, ou chaque fois que des reformes étaient nécessaires, c’est à cet homme de confiance que le Président Félix Houphouët Boigny faisait appel. Mais l’activité de Mathieu EKRA ne s’est pas arrêtée à ces fonctions administratives et politiques qu’il a occupées et assurées avec compétence. Mathieu EKRA était aussi un homme de culture. Il est co-auteur des paroles de l’Abidjanaise, l’hymne national ivoirien en 1960. Ecrivain talentueux, il laisse également à la postérité une pièce théâtrale intitulée « L’embarras de Yao » et deux (2) essais littéraires : « L’Echelle sans fin » et «Lumière sur l’Abidjanaise ». Mathieu EKRA était titulaire de nombreuses décorations et distinctions nationales. Il fut élevé, notamment, aux grades de Grand Officier, puis de Grand-croix de l’Ordre National, de Commandeur du Mérite Agricole et de Commandeur de l’Ordre du Mérite Sportif. Il a également reçu diverses distinctions de pays étrangers dont la France, la République Fédérale d’Allemagne, la Tunisie, la Chine, et plusieurs pays africains.
Claude Dassé
| Mathieu Ekra et ses fonctions ministérielles |
| Ministère de la Fonction Publique et de l’Information de 1961 à 1963, Ministère de l’Information de 1965 à 1970, Ministre d’Etat de 1970 à 1971, Ministère d’Etat chargé du Tourisme de 1971 à 1974, Ministère d’Etat chargé de l’Intérieur de 1974 à 1977, Ministère d’Etat chargé de la Réforme des Sociétés d’Etat de 1977 à 1981, Ministère d’Etat chargé de l’Informatique de 1981 à 1990. |