Présent à l’ouverture d’un séminaire organisé dans la capitale ivoirienne le jeudi 18 décembre 2014, le président de la Commission chargée de l’organisation des élections dans le pays, a partagé sa conception de la bonne gouvernance démocratique avec les représentants des partis politiques, de la société civile et des partenaires au développement.
Il ne s’agit plus selon Youssouf Bakayoko, «de trouver une solution consensuelle, mais de s’en remettre au principe démocratique du vote majoritaire» : «Que l’on gagne avec 99% des voix ou seulement 50,1% des voix, cela ne change rien, c’est le plus disant qui a gagné. Il en résulte qu’il doit y avoir en amont, toute une pédagogie qui soit mise en place, toute une période de sensibilisation, de mobilisation, d’information et de communication qui nous permette de préparer les esprits aux règles de la démocratie. On évitera ainsi le ridicule dans lequel tombe certains qui confondent démocratie et démagogie et qui, dès lors qu’ils ont perdu, veulent en découdre dans la rue (…) Nous avons là une sorte de refus systématique des perdants, quelle que soit la véracité des procédures ou la validité des résultats, une sorte de compulsion pathologique qui, partout en Afrique, aboutit aux mêmes errements du fait de l’incapacité des candidats malheureux à accepter loyalement leur défaite». Il était important pour le président de la CEI de reformer l’institution qu’il dirige, dans la mesure où la normalité constitutionnelle et institutionnelle a changé en Côte d’Ivoire : «C’est ce que notre parlement a entériné, non sans quelques regrettables hésitations de certains acteurs politiques qui n’avaient pas suffisamment intégré l’idée que la CEI doit être le reflet de la réalité sociopolitique. C’est pourquoi je me félicite que la raison ait pu triompher et que les équilibres aient pu être rétablis. Les partis dits d’opposition y sont désormais légitimement représentés et chargés de responsabilités».
Olivier D