AFRIKIPRESSE-Abidjan. Malgré la crise que traverse le Front populaire ivoirien (Fpi), c’est un Pascal Affi N’guessan revigoré par ses sympathisants qui s’est laissé aller à des critiques contre le régime en place, ce samedi 11 avril 2015, à Abidjan, à l’occasion de la journée de commémoration du 4ème anniversaire de l’arrestation de l’ancien président ivoirien Laurent Ggbao.
« Il y a quatre ans, une coalition de forces rebelles et internationales arrêtait le président Laurent Gbagbo à la résidence de Cocody sous les bombes (…) C’est donc pour ce que nous voyons là qu’on a fait tout cela en 2011 ? Depuis le 11 avril 2011, on s’occupe des infrastructures au détriment des hommes. On détruit des Hommes pour construire des ponts. On détruit les Hommes en détruisant leur moyen d’existence.
Pour la beauté du paysage, des vies entières sont détruites sans ménagement, sans compensation adéquate. Pour construire des ponts, on détruit des vies, on détruit leur ambition. Les Ivoiriens broient du noir au quotidien, ils sont de plus en plus pauvres. Les grèves se succèdent dans tous les secteurs d’activité. Aujourd’hui, l’Homme n’est rien. Il n’est même pas à mesure de l’action politique.
Pour construire des ponts, on organise la faillite de l’Etat. On piétine les institutions de la démocratie. En commémorant le 11 avril, nous voulons dire à nos compatriotes que tout espoir n’est pas perdu. La Côte d’Ivoire doit sortir de cette situation. Et la seule voie viable reste pour le Front populaire ivoirien , la voie de la démocratie et de la réconciliation nationale.
[ En 2010, c’était les bulletins de vote face aux fusils. En 2015, ce sera bulletin contre bulletin ]
Car, il faut le dire tout net, le régime installé par les armes le 11 avril 2011 a échoué. Ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas de volonté politique, de capacité politique pour réconcilier les Ivoiriens et pour refonder l’Etat. Il faut qu’en cette année 2015, les Ivoiriens leur signifient leur échec à l’occasion des élections générales à venir. En 2010, c’était les bulletins de vote face aux fusils.
En 2015, ce sera bulletin contre bulletin. Ce ne sera plus les armes qui vont imposer une direction au pays (…) ; 2015 est une année cruciale pour la Côte d’ivoire. Il faut que toute la Côte d’Ivoire se mobilise et soit au rendez-vous du droit. Le Front populaire ivoirien sera présent à ce rendez-vous ».
Claude Dassé