Politique

Côte d’Ivoire : réactions après la condamnation des pro-Gbagbo du Rdr , Pdci , Fpi, Mfa et Banny

Par Charles Kouassi10 mars 2015

AFRIKIPRESSE a recueilli les réactions des acteurs et des partis politiques à Abidjan après le verdict du procès des pro-Gbagbo.

Joël N’guessan (RDR) : «Les victimes ont un boum dans le cœur »

” Au niveau du RDR, nous n’avons pas de commentaire à faire. Cependant, nous nous réjouissons du fait que les victimes ont un boum dans le cœur. C’est une décision de Justice et les partis politiques n’ont pas à la commenter mais ce qu’il faut dire, c’est que les acteurs qui ont pris une part directe ou indirecte dans les milliers de morts qu’il y a eu en Côte d’Ivoire, doivent savoir que le pays est rentré dans la phase de la lutte contre l’impunité. Le président Alassane Ouattara a été clair, c’est la lutte contre l’impunité. Ce n’est pas à la tête du client. Si quelqu’un a commis un crime, il faut qu’il paye. Et nous sommes heureux que la justice ait commencé son travail”

Maurice Kacou Guikahue (PDCI) : «Nous ne faisons pas de commentaire particulier »

«Au niveau du PDCI, comme c’est un début de processus, nous ne faisons pas de commentaire particulier. Nous attendons… »

Amani N’guessan (FPI) : «Aujourd’hui, tout est compromis »

“Depuis le début de ce procès, nous ne manquons pas de dénoncer que c’est un procès politique recouvert d’un vernis de droit et ce n’est pas fait pour ramener la réconciliation en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui donc,tout est compromis et le président Ouattara, s’il ne veut pas de la réconciliation nationale, il ne peut pas faire autrement que cette mascarade de justice-là

Anaky Kobenan (MFA) : «Les sanctions sont relativement lourdes »

«Nous sommes d’ailleurs en train de préparer un communiqué à cet effet. Maintenant, si je devais vous le résumer en deux mots, je dirai que les sanctions sont relativement lourdes. Ce qui rame à contre-courant du climat général de réconciliation qui s’installe et qui devrait de plus en plus s’installer dans le pays. Mais en même temps, la lourdeur de ces sanctions est un signal d’espoir qu’il y ait une mesure collective de grâce ou d’amnistie qui joue dans le sens de cette nécessité de réconciliation nationale qui s’impose à tout le monde. Car, victime comme bourreau, on doit se réconcilier »

Charles Konan Banny , ex-president de la Commission Dialogue Vérité Réconciliation (CDVR):

« La CDVR a produit un document-rapport de sa mission qui a duré 3 ans. Nous devions rechercher la vérité sur les causes profondes de la crise sociopolitique en Côte d’Ivoire avec des mécanismes appropriés pour en sortir. Ce rapport a été remis au chef de l’Etat devant les corps constitués nationaux et internationaux. Les victimes et personnes ressources auditionnées rapportent, dans ce document-rapport que tous les deux camps sont coupables. Tant le camp pro-Gbagbo que celui pro-Ouattara. A notre grande surprise, c’est un seul camp qui est jugé , c’est un seul camp qui est condamné. Que faisons-nous du camp qui échappe au jugement et à la condamnation. Quand on a vu cette façon de faire, on est contraint a penser a l’impensable, c’est-a-dire l’injustice, la partialité de l’appareil judiciaire de notre pays. Je pense que ce verdict ne contribue pas à la réconciliation et à la cohésion de notre nation, cohésion à laquelle je m’évertue à donner un sens. L’on devrait présenter tous les coupables à la barre. Le processus de la réconciliation nationale est mis à mal par cette décision de justice parce que l’on aurait pu éviter ça »

Propos recueillis par Claude Dassé

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