Politique

Côte d’Ivoire – Un ministre au bord de la crise des nerfs après avoir été mis en minorité

Par Charles Kouassi10 janvier 2015

L’actuel ministre ivoirien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a la spleen. Il est au bord de la crise des nerfs et même de la démission si on s’en tient au post suivant publié sur sa page Facebook Samedi 10 Janvier 2015 vers 08H GMT: [ ” J’ai pensé sincèrement que j’avais raison. Mais non, je reconnais que j’ai TORT. J’ai pensé naïvement que pour la gestion des affaires publiques, il suffisait d’être vertueux et agir pour l’intérêt commun. Non j’ai TORT En Afrique il faut d’abord détourner beaucoup d’argent public,ensuite en redistribuer à quelques nécessiteux et acheter les consciences rebelles et cupides avec une partie, une toute partie de cette énorme fortune. Alors vous serez la référence admirée, écoutée. On vous défiera des monuments sûrement. Désolé ce monde n’est pas le mien… je n’ai rien contre personne. C’est mon choix à moi, je l’assume même si… pour cela je dois être écrasée comme la racine des arbres. Post scriptum: peut être QU’un jour c’est moi qui aurais RAISON “. ( sic ) ]. Selon des informations parvenues à Afrikipresse.fr , l’ex candidat à l’élection présidentielle ivoirienne en 2010 a été invité par Daniel Kablan Duncan chef du gouvernement ivoirien, à tempérer ses ardeurs pour ramener la quiétude dans les campus . À la suite des mouvements de colère aussi bien des enseignants, que des étudiants, le chef de l’Etat ivoirien a demandé à son chef de gouvernement, de suivre de près le dossier. Après plusieurs réunions les étudiants et les enseignants ivoiriens ont admis le principe de la levée de leur mot d’ordre de grève, qui empêche la rentrée universitaire . Interpellé par des membres du gouvernement au sujet des réformes qui lui étaient attribuées, alors que ces questions n’avaient pas l’objet de débats tant en Conseil de gouvernement, qu’en Conseil des ministres , M Gnamien KONAN a démenti : “Mais moi je n’ai jamais signé un document de réformes . Ce n’est pas tout ce qui est dit dans les journaux, qui est mis en application. J’ai lancé des idées mais je n’ai pas demandé d’appliquer des réformes. ” Il a du coup lui même enterré ses idées « généreuses », combattues selon ce qui était souvent écrit et entendu autour de lui, par des étudiants et des enseignants aux « idées moyenâgeuses et refusant la modernité ». Même si des parents d’élèves déplorent à leur niveau, les critères ayant prévalu pour l’orientation des nouveaux bacheliers ( seule la note en mathématique lors de l’examen du Baccalauréat aurait été prise en compte pour l’orientation, sans aucune considération pour les autres facteurs, ni pour le travail effectué au cours de l’année scolaire) , la grève aussi bien des enseignants que des étudiants, pourrait être levée dans les jours à venir. Autres perles mises sur le compte du ministre : ses deux provocations à l’endroit des enseignants exigeant davantage de respect face à ce qu’ils considéraient comme de l’arrogance de la part de leur ministre. Et Gnamien Konan de répondre: ” vous dites que vous êtes des agrégés, des agrégés, mais alors demandez-vous comment un simple titulaire de maîtrise en sciences économiques peut vous commander, si c’est vos diplômes qui doivent prévaloir”. Puis répondant à la revendication d’augmentation des salaires et primes faite par les enseignants , le ministre a rétorqué : ” est-ce que vous avez des fusils”. Outre son amertume personnelle, le post est lourd de sens au sujet d’un homme véritablement désabusé par la « pratique et l’éthique » d’Alassane Ouattara, qui n’est devenu un partenaire politique crédible à ses yeux , qu’au second tour de la présidentielle de 2010, tandis qu’au premier tour, Gnamien KONAN ne se gênait pas pour présenter Ouattara, comme faisant partie des problèmes de le Côté d’Ivoire, et non point des solutions, au même titre que Bédie et Gbagbo. Cela avait donné un acronyme barbare « BOG ». Presqu’en rupture de ban, Gnamien Konan ne prendra sûrement pas ses responsabilités pour démissionner. Il continuera d’avaler les couleuvres, car comme il l’ a dit lui-même nous sommes bien en Afrique, et tout le monde n’est pas Arnaud Montebourg. Gnamien Konan ne démissionnera parce qu’à défaut de voler et de détourner les biens publics comme il affirme que d’autres le font , son poste ministériel le met à l’abri du besoin. Son éventuelle inertie restera grassement payée et l’enterrement de ses réformes ne lui donnera aucune mauvaise conscience, en dehors des états d’âme exprimés sur les réseaux sociaux. Pour être complet, il est bon de signaler que ce n’est pas la première fois, sous Ouattara que le monde universitaire, fait reculer un ministre. Et c’est cette reculade, qui avait fait atterrir Gnamien KONAN dans ce département, en remplacement de Monsieur Ibrahima Cissé Bacongo. Charles Kouassi

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