Abidjan la capitale économique de la Côte d’Ivoire abrite, du 7 au 8 mai 2015, la première édition du Forum de la Diaspora organisé par le ministère ivoirien de l’Intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur.
En marge de cet événement dont la cérémonie d’ouverture sera rehaussée par la présence du Président Alassane Ouattara, les Ivoiriens vivant à l’étranger ont animé une conférence de presse le mercredi 6 mai 2015 à la Riviéra M’pouto, pour situer l’opinion nationale sur les enjeux de ce forum et exprimer leurs vraies attentes.
Le ton a été donné par Bémitian Ouattara qui, aux premières heures de l’appel du Président de la République, a décidé de rentrer en Côte d’Ivoire pour y investir : «Les rapports des Ivoiriens de l’extérieur avec le CEPICI sont bons, dès lors qu’ils sont sur place en Côte d’Ivoire. Le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire donne les informations concernant la création d’entreprises, mais le CEPICI n’octroie pas de prêts. Des Ivoiriens de la diaspora ont pu créer des entreprises en quelques jours grâce au CEPICI, mais cela ne suffit pas parce que le CEPICI n’est pas assez représenté dans la diaspora. C’est pourquoi, nous souhaitons la réactivation des chambres de commerce et d’industrie dans les pays à forte concentration d’Ivoiriens. Et nous allons dans ce sens avec la création très attendue d’un Haut conseil des Ivoiriens de l’extérieur, qui sera un interlocuteur crédible entre eux et le gouvernement ivoirien».
Selon Bémitian Ouattara, les Ivoiriens de l’extérieur qui contribuent à hauteur d’un peu plus de 300 milliards de FCFA dans l’économie ivoirienne sont confrontés à des difficultés en matière de financement de leurs projets. C’est pourquoi il a adhéré à l’idée de la création d’une banque des Ivoiriens de la diaspora qui sera chargée d’accompagner ces investisseurs : «Très peu de banques accompagnent les Ivoiriens de la diaspora, parce qu’elles estiment qu’ils n’ont pas d’historicité en Côte d’Ivoire, que leurs entreprises ne sont pas cotées en Côte d’Ivoire. Il est impérieux de mettre en place une politique d’accompagnement en Côte d’Ivoire. Quand la Côte d’Ivoire va sur les marchés financiers, elle paie des intérêts. Mais est-ce que la Côte d’Ivoire paie des intérêts quand la diaspora vient investir ? C’est un plus pour le pays, mais il faut parvenir à capter cette épargne qui avoisine, au bas mot 1000 milliards de FCFA, à travers la mise en place de mécanismes idoine.
Patrick Doua