Économie

Côte d’Ivoire : la lutte contre le travail des enfants et traçabilité du cacao au menu d’un atelier (CNS, Dominique OUATTARA)

Par Yaya Kanté30 juillet 2024

Un atelier sur le renforcement des capacités techniques des acteurs nationaux de lutte contre le travail des enfants, sur la durabilité sociale du cacao et la mise à jour de la feuille de route des agents vérificateurs du travail des enfants dans la production du cacao se tient à Grand-Bassam du 30 juillet au 1er août 2024. L’atelier organisé conjointement par le Comité National de Surveillance des actions de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CNS), le Conseil interministériel de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CIM) et le Conseil du Café – Cacao a été ouvert le mardi 30 juillet 2024 par Mme Sylvie Patricia Yao, directrice de cabinet de la Première Dame, Dominique OUATTARA et secrétaire exécutive du CNS.

Renforcer les capacités des acteurs nationaux dans la mise en place d’un système de traçabilité et la formation des agents vérificateurs pour une lutte pérenne contre le travail des enfants dans la filière cacao,  c’est la thématique de l’atelier organisé conjointement par le Comité National de Surveillance des actions de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CNS), le Conseil interministériel de lutte contre la traite, l’exploitation et le travail des enfants (CIM) et le Conseil du Café,  ce mardi 30 juillet 2024 à Grand-Bassam en présence de Mme Sylvie Patricia Yao, directrice de cabinet de la Première Dame, Dominique OUATTARA et secrétaire exécutive du CNS.

Il vise à tirer partie des exigences prescrites par les règlements de l’Union européenne sur la stabilité des chaînes d’approvisionnement des matières premières, pour modéliser et opérationnaliser un système de traçabilité sociale du cacao.

Les menaces sur  le cacao ivoirien 

La Côte d’Ivoire, premier pays producteur mondial de cacao, fait face à des menaces récurrentes d’embargo sur son cacao de la part des États-Unis et de l’Union européenne, ses principaux clients avec respectivement 14% et 67% de ses exportations. Washington et Bruxelles évoquent le travail des enfants dans la chaîne de production du cacao pour justifier ces menaces. 

Pour prévenir les conséquences désastreuses que l’interdiction du cacao ivoirien sur ces deux marchés, ce qui pourrait peser sur l’économie du pays et sur l’existence des producteurs, le gouvernement ivoirien s’est engagé dans une lutte résolue contre le travail des enfants dans la filière cacao à travers la mise en œuvre de plusieurs initiatives.

Les actions de la Première Dame, Dominique OUATTARA contre le travail des enfants 

À sa prise de parole, Madame Sylvie Yao Patricia, directrice de cabinet de la Première Dame a rappelé l’engagement du président de la République, Alassane Ouattara, dans la lutte contre le travail des enfants depuis son accession au pouvoir en 2011. Elle a également souligné que l’implication personnelle de  madame  Dominique Ouattara a permis d’amplifier ces efforts.

Ainsi, sous l’impulsion de Mme Dominique Ouattara, présidente du CNS, de vastes campagnes de sensibilisation et des actions de remédiation ont permis une baisse significative du taux du travail des enfants, passant de 39% en 2012 à 21,6% en 2022. Cette baisse est portée à 32% dans le secteur du cacao.

Un système de traçabilité sociale du cacao 

Cependant, les menaces d’embargo persistent, notamment avec les récentes réglementations européennes visant à interdire l’importation de produits issus de la déforestation, de la dégradation des forêts et du travail forcé. Face à ces défis, la Côte d’Ivoire s’est engagée dans la mise en place d’un système national de traçabilité sociale du cacao. 

« Pour prévenir ces menaces, la Côte d’Ivoire doit mettre en place un système intégré de traçabilité sociale du cacao, en assurant l’interopérabilité entre les différentes sources de données et en institutionnalisant la surveillance du travail des enfants à travers un corps d’agents vérificateurs. Cet atelier technique vise à renforcer les capacités des acteurs nationaux dans la mise en place de ce système de traçabilité et la formation des agents vérificateurs pour une lutte pérenne contre le travail des enfants dans la filière cacao.», a expliqué Mme Sylvie Patricia Yao.

Pour la secrétaire exécutive du CNS, il s’agit, à travers cet atelier, de mettre en place « des mécanismes robustes, opérationnels, fiables en vue de prévenir et éliminer le travail des enfants de la chaîne d’approvisionnement du cacao dans notre pays.» afin d’annihiler les menaces d’embargo et d’interdiction sur le cacao ivoirien.

Une cacaoculture durable 

Aubin Tapé Gnoléba, le directeur de cabinet représentant le ministre de l’Emploi et de la Protection sociale  Monsieur Adama Kamara, a souligné l’importance du modèle qui sera adopté pour garantir la conformité des chaînes d’approvisionnement en cacao aux normes de durabilité sociale. Pour lui, c’est une condition sine qua non pour accéder aux marchés internationaux exigeants en matière de durabilité sociale.

Selon M. Gnoléba, cet atelier, qui a réuni les acteurs nationaux et les partenaires techniques et financiers s’inscrit dans la dynamique de la stratégie nationale “une cacaoculture durable” qui repose sur trois piliers : la lutte contre la déforestation, l’amélioration des revenus des producteurs et la lutte contre le travail des enfants.

À l’issue de l’atelier, les participants devront adopter le modèle soutenable de traçabilité sociale du cacao en Côte d’Ivoire. Ils devront également  mettre à jour la feuille de route des agents vérificateurs du travail des enfants ainsi que des  acteurs d’opérationnalité du système de traçabilité sociale du cacao.

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