Décédé mardi 31 mars 2020 des suites du Coronavirus, le consultant sportif, Pape Diouf a reçu les hommages de confrères africains.
Le monde du sport est déjà bouleversé par cette épidémie qui a mis la planète à l’arrêt. Tous les secteurs sont touchés au cœur. Pape Diouf aussi vient d’être emporté par le Covid-19. A peine nous a t-on annoncé qu’il était sous assistance respiratoire que l’on a pas eu le temps d’implorer les dieux que l’on annonce sa mort. Lui, l’amoureux du football part au moment où ce sport est à l’arrêt. De Marseille à Dakar, à Paris, partout en Afrique, l’ancien président de l’Olympique de Marseille a marqué d’une pierre blanche l’histoire du ballon rond dans l’hexagone et au delà. Le journaliste devenu agent puis consultant ne passait pas inaperçu. Comme pour s’insurger contre ce monde à l’arrêt , l’absence de football, Pape décide de partir sans crier gare. Le public bouillant de Marseille est orphelin. Pape vient de leur administrer un geste d’anthologie, un contre pied parfait. Pape a marqué son époque comme Manu Dibango a marqué des générations. Au Burkina Faso comme ailleurs nous le pleurons.
J’étais très admiratif de l’homme que je voyais à travers la télévision. Il était pour moi, le symbole de la réussite africaine dans ce monde sportif si fermé. Être président de l’OM avec tout son parcours c’est simplement impressionnant. Je l’ai rencontré fortuitement à Cotonou. Je lui ai faire part de mon intention de le recevoir sur le plateau de l’ORTB où j’officie. Il m’a donné rendez-vous le dimanche à 10 h. Je n’ai pas pu le joindre à l’heure indiquée. Il m’a rappelé à 12h. Comme convenu la veille, Il m’a reçu dans sa suite au Golden Tulip Hotel. C’était un acceuil paternel et une interview d’environ une heure. J’ai retracé tout son parcours. Il a fait une première sortie de route en parlant de son amitié avec Philippe Doucet (bon journaliste et homme de culture) puis il m’a chambré en me disant que le Bénin, dans se jeunesse, était le quartier latin de l’Afrique. Et qu’il suppose que c’est toujours la même chose. Enfin, il a dit que le milieu du football n’est pas plus pourri que celui du cinéma, de la pharmacie et de la politique. Je retiens de lui un homme humble et direct.