Depuis début avril 2026, le Niger fait face à une grave pénurie de carburant, liée à la flambée mondiale des prix du pétrole provoquée par le blocage du détroit d’Ormuz. À Agadez et dans plusieurs grandes villes, la situation se dégrade, tandis que la Russie et la Chine, pourtant alliées de Niamey, sont accusées de freiner toute résolution internationale.
Pénurie de carburant au Niger : une crise qui s’intensifie
Depuis le début du mois d’avril, les files d’attente s’allongent devant les stations-service à Agadez, Maradi, Tahoua et Zinder. En cause : une rupture d’approvisionnement aggravée par la hausse des prix du pétrole sur le marché international.
Face à la multiplication des ventes illégales, les autorités d’Agadez ont interdit, le 7 avril 2026, la commercialisation de carburant sur la voie publique. Des sanctions sont prévues contre les contrevenants, dans un contexte de spéculation croissante.
Cette crise intervient alors que le Niger reste fortement dépendant des importations de produits pétroliers, malgré ses ressources locales.
Détroit d’Ormuz : un blocage aux conséquences mondiales
Le déclenchement du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran fin février 2026 a entraîné le blocage du détroit d’Ormuz, un point stratégique par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial.
Résultat : une hausse brutale des prix et des perturbations logistiques qui affectent directement les pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Niger, mais aussi des économies comme la Côte d’Ivoire, attentive à la stabilité des marchés énergétiques régionaux.
Russie et Chine : des partenaires controversés
Le 7 avril 2026, la Russie et la Chine ont opposé leur veto à une résolution de l’ONU visant à rétablir la circulation dans le détroit d’Ormuz. Une décision aux conséquences directes pour Niamey.
Ces deux puissances, partenaires de l’Alliance des États du Sahel (AES), sont pourtant présentes dans le secteur pétrolier nigérien, notamment via la China National Petroleum Corporation (CNPC).
Pour de nombreux observateurs, ce positionnement illustre un décalage entre les discours de coopération et les intérêts géopolitiques réels.
AES : des alliances sous pression
Cette crise met en lumière les limites des alliances stratégiques du Niger. Alors que l’AES revendique une souveraineté renforcée, la dépendance à des partenaires extérieurs reste forte.
Depuis Abidjan, où la sécurité énergétique est un enjeu majeur, cette situation alimente les interrogations sur la fiabilité de certains partenariats dans un contexte international instable.
À mesure que la crise se prolonge, une question demeure : les alliances actuelles du Sahel répondent-elles réellement aux besoins urgents des populations ?
Une correspondance de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info