En Afrique de l’Ouest, la cybersécurité est devenue un enjeu stratégique majeur. La Côte d’Ivoire, moteur économique de la région, en fait l’expérience directe: explosion des attaques informatiques, multiplication des fraudes en ligne et développement d’un cybercrime transnational extrêmement structuré. Les autorités ivoiriennes ont enregistré des millions de tentatives d’intrusion en 2024, confirmant que le pays est devenu une cible privilégiée.
Pour faire face, Abidjan a mis en place un dispositif ambitieux. La création de l’Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information (ANSSI) consolide le rôle de l’État dans la prévention et la réponse aux incidents cyber. Elle travaille en étroite collaboration avec le CI-CERT et plusieurs agences étrangères, notamment dans le cadre des programmes régionaux soutenus par l’Union européenne.
Les autorités ivoiriennes ont enregistré des millions de tentatives d’intrusion en 2024
La stratégie nationale de cybersécurité 2021-2025, bientôt renouvelée, propose une approche globale: protection des infrastructures critiques, renforcement du cadre légal, professionnalisation des acteurs et sensibilisation de la population. Dans un contexte où les élections, les services publics numériques et les transactions financières sont de plus en plus numérisés, la résilience informatique devient un impératif national.
Le secteur privé ivoirien, particulièrement dynamique, est lui aussi en pleine mutation. La montée en puissance de l’e-commerce et des paiements digitaux, combinée à l’ouverture internationale du pays, oblige les entreprises à investir massivement dans la sécurité informatique. Certaines allouent désormais des budgets similaires à ceux des grandes entreprises africaines, signe d’une prise de conscience croissante.
L’ouverture internationale du pays, oblige les entreprises à investir massivement dans la sécurité informatique
Mais l’un des défis les plus préoccupants demeure la désinformation. Cette menace hybride, souvent orchestrée depuis l’étranger, fragilise les institutions démocratiques et alimente des tensions régionales. La Côte d’Ivoire, aux côtés du Nigeria, du Ghana et du Sénégal, travaille à une harmonisation des législations au sein de la CEDEAO pour lutter contre ces attaques informationnelles.
La montée des risques cyber rebat les cartes de la sécurité en Afrique. En renforçant ses capacités et en multipliant les partenariats, la Côte d’Ivoire s’impose comme un acteur régional clé, déterminé à sécuriser son espace numérique dans un environnement de plus en plus hostile.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
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