Une attitude méprisante qui torpille le débat démocratique. Alors que les Ivoiriens s’attendaient à un échange constructif autour de la révision de la liste électorale, le débat télévisé organisé le mardi 25 février 2025 sur la RTI1 a été brutalement interrompu. En cause, l’attitude jugée arrogante et obstructive du représentant du PDCI-RDA, Me Blessy, qui a contesté la composition du panel en invoquant une prétendue rupture d’égalité. Ce comportement a conduit la Commission Électorale Indépendante (CEI) à se retirer, mettant ainsi fin prématurément à une émission pourtant cruciale à huit mois de l’élection présidentielle.
Quand l’arrogance prend le pas sur la démocratie
Dès le début du débat, Me Blessy s’est montré virulent, contestant la présence de deux représentants de la CEI alors que les partis politiques n’avaient droit qu’à un seul représentant chacun. Pourtant, comme l’a souligné Me Ketty Yapobi, la CEI, en tant qu’institution, venait non pas en tant que partie prenante, mais pour expliquer son rôle et répondre aux préoccupations des différents acteurs du processus électoral.
Face à cette remise en cause jugée cavalière, Me Yapobi a décidé de quitter le plateau, dénonçant un manque de respect envers la CEI et une posture inacceptable pour une discussion de cette importance. Son départ a immédiatement entraîné l’arrêt du débat, laissant les téléspectateurs sans réponses aux questions essentielles sur le processus électoral en cours.
Le représentant du RHDP a lui aussi regretté cette interruption, rappelant que l’opposition était représentée par deux personnes alors que le parti au pouvoir n’avait qu’un seul représentant, sans que cela ne soit contesté. Il a dénoncé une tentative de sabotage du débat par Me Blessy, au détriment de l’intérêt général.
Les fantômes de 2010 et 2020 refont-ils surface ?
Cette scène en dit long sur le climat politique à l’approche de l’élection présidentielle de 2025. À huit mois du scrutin, ce genre d’attitudes irresponsables alimente un climat de méfiance et de crispation, rappelant les tensions qui ont précédé les crises électorales de 2010 et 2020. Ces crises, qui ont endeuillé la Côte d’Ivoire, ne doivent plus se répéter.
Le pays est pourtant sur une trajectoire de développement remarquable, avec des indicateurs économiques et sociaux au vert. Une nouvelle escalade de violence pour des querelles partisanes serait un recul dramatique pour la nation. Il est donc urgent que la classe politique ivoirienne fasse preuve de responsabilité et privilégie le dialogue plutôt que la confrontation.
Le débat démocratique doit être un espace de discussions franches mais respectueuses, et non une arène où l’orgueil de certains bloque le bon déroulement du processus électoral. La Côte d’Ivoire mérite mieux que ces scènes regrettables qui fragilisent la confiance des citoyens et menacent la stabilité du pays.
Philippe Kouhon