Société

Didi B au Felicia : les artistes prennent le pouvoir sur les politiques

Par Philippe Kouhon5 mai 2025

Les artistes ne sont-ils pas devenus les principales forces de mobilisation populaire face à des partis politiques impuissants à remplir un stade et enclins à faire le choix des marches pour entraver et perturber l’activité économique ? Le 3 mai 2025, Didi B a rempli le stade Félix Houphouët-Boigny avec près de 30 000 fans. Quelques semaines plus tôt, Himra avait fait vibrer l’esplanade du Parc des Expositions. En parallèle, les partis politiques peinent à rassembler quelques milliers de personnes.

Une simple tendance ? Ou une révolution silencieuse de la mobilisation populaire ?

Didi B, Himra…. Après Arafat et longtemps après Alpha Blondy déjà en 1985, ces noms résonnent dans la rue, dans les écouteurs, dans les foules. Ils remplissent des stades. Pas pour faire une campagne politique. Près de 40 ans après Alpha Blondy, un artiste revient à ce stade mythique non pas pour faire la révolution… mais pour réveiller une génération. Et pour éveiller les consciences. Au même moment, le Pdci Rda peinait à rassembler 2500 personnes à Port Bouet, et avec ce nombre et d’autres, prétend déterminer le destin de la nation en dehors des urnes.

Et les partis politiques ?

Les grands partis politiques tentent de se montrer. Au delà du PDCI-RDA avec 2500 personnes à Port-Bouët, du PPACI en “renaissance” à Dabou avec 3 000 personnes, (selon les sources policières), du RHDP qui annonce 60 000 personnes attendues à Ebimpé le 21 juin 2025, que peut-on espérer des acteurs politiques, et de la parole publique ou politique ? Est-ce qu’elle enchante encore les jeunes et la jeunesse ? Pendant que les jeunes veulent la joie et le bonheur, le bien-être, les politiques servent des discours de haine et de conflits ! Les politiques préparent l’affrontement et se préparent à l’affrontement.

Pendant que des artistes, des acteurs du sport, les Éléphants et des confessions religieuses, remplissent des stades ou de grands lieux de mobilisation, les politiques comptent des chaises vides, ou des foules moins nombreuses.

2010 contre 2025 : le basculement

En 2010, le FPI au pouvoir faisait face à un PDCI et à un RDR capables, chacun, de rivaliser en mobilisation. Il y avait de l’élan et du défi. Pourtant en 2020, même unie, l’opposition a peiné à remplir le Felicia, pour lancer le boycott de l’élection présidentielle.

Et en 2025 ? Pour le moment, ce sont des artistes qui osent relever les défis de la grande foule, pendant que des partis politiques préfèrent les sondages sur Facebook ou les slogans dans les salons climatisés, à défaut de rêver du grand soir insurrectionnel, de la rue qui va tout emporter et tout balayer.

Relever le défi d’Ebimpé

Alors qui relèvera le défi d’Ebimpé face au RHDP ? Un autre parti politique ? Un collectif citoyen ? Un artiste encore ? Il le faut au delà des artistes et des confessions religieuses, car les marches qui finissent dans la casse, on connaît. Les stades rassemblent, eux. Et après tout, on marche aussi pour aller au stade. Fuir le terrain et préférer les posts sur X et les TikToks sans base réelle n’est pas efficace.

Philippe Kouhon

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