Société

Protection du domaine lagunaire : Amadou Koné tape du poing sur la table contre les remblais illégaux

Par Yaya Kanté12 février 2026

Pour évaluer l’étendue des remblaiements clandestins sur le domaine public, le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a mené une inspection sur les baies de la lagune Ébrié. Le mercredi 11 février 2026, il s’est rendu dans les zones de M’Pouto et d’Abatta. Cette descente de terrain, suivie d’un dialogue avec les autorités coutumières, vise à freiner l’occupation anarchique du patrimoine lagunaire.

Accompagné du ministre délégué chargé des Affaires maritimes, Dr Serey Doh, Amadou Koné a pu observer la réduction progressive des plans d’eau, la dégradation des écosystèmes, ainsi que l’augmentation des risques d’inondation dus au blocage des voies d’évacuation naturelle.

Le rappel de la fermeté

Face à l’ampleur du phénomène, Amadou Koné a réitéré la fermeté de l’État. Il a rappelé que, conformément à la décision du Conseil des ministres du 23 février 2022, tous les travaux de remblayage dans le district d’Abidjan sont suspendus jusqu’à nouvel ordre.

Le ministre a rappelé que le domaine lagunaire est un patrimoine national inaliénable et qu’aucune exploitation à but lucratif n’est autorisée sur ces espaces, s’appuyant sur le décret de juillet 2019.
En réponse, les chefs de M’Pouto et d’Abatta ont pris l’engagement de veiller au respect strict de la loi et d’accompagner l’État dans sa politique d’urbanisme.

Plus de 75 % des remblais sont illégaux

Ces travaux non autorisés sont généralement le fruit de collaborations entre des communautés villageoises, des promoteurs immobiliers ou des collectivités territoriales.

Les chiffres fournis par le Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD), révèlent une situation alarmante. Sur les 56 000 hectares de la lagune Ébrié, 453,1 hectares ont déjà été remblayés. Le constat est sans appel : zone portuaire (légal) : 110 hectares et zones hors port (illégal) : 343,1 hectares, soit 75,72 % de la surface totale remblayée.

Bien que ces occupations ne représentent que 0,61 % de la superficie totale de la lagune, leur impact environnemental est jugé critique. Le gouvernement a annoncé un renforcement immédiat de la surveillance et appelle les populations à dénoncer toute activité suspecte sur les plans d’eau. « Le domaine lagunaire est un patrimoine national. Il ne peut être occupé ni modifié en dehors du cadre légal », a-t-il martelé.

Yaya K

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