Les chefs d’Etat et de gouvernement de 12 pays africains sont présents aujourd’hui mardi 19 novembre 2019 à Berlin à l’invitation de Angela Dorothea Merkel ( 65 ans), chancelière allemande depuis le 22 novembre 2005. Objectif, définir ensemble avec les autres pays du G20 et bailleurs de fonds internationaux la stratégie globale d’accroissement de l’attractivité de l’investissement privé en Afrique.
La première édition, une idée inspirée du Plan Marshall américain pour l’Europe.
S’inspirant du plan Marshall lancé par les Etats-Unis après la deuxième guerre mondiale en vue de la reconstruction d’une Europe ravagée par la guerre, Angela Merkel alors présidente du G20 lance en mars 2017 l’idée d’aider le continent africain au cours de la réunion tenue à Baden-Baden en Allemagne avec les ministres des finances du G20 et gouverneur de la banque centrale allemande.
Les 12 et 13 Juin 2017 à un mois du sommet du G20 d’Hambourg, la chancelière allemande invitait à Berlin certains Etats africains qui selon elle ont marqué des bons points en matière de réformes démocratiques et visant à améliorer l’environnement des affaires. A cette rencontre elle a annoncé une enveloppe de 300 millions d’euros d’aide supplémentaire aux pays notamment soucieux de lutter contre la corruption en Afrique. La Côte d’Ivoire, la Tunisie et le Ghana seront les premiers grands bénéficiaires.
Ce que Macron avait dit au sujet de cette aide en 2017
Alors que les présidents africains ont qualifié cette aide de « plan Merkel » allusion faite au plan Marshall, Emmanuel Macron qui répondait en Juillet 2017 pendant la conférence de presse à la fin du G20 d’Hambourg, à une question de Afrikipresse sur la contribution concrète des pays du G20 pour le développement de l’Afrique afin d’éviter les flux migratoires vers l’Europe comme ce fut le cas pour les européens avec le plan Marshall initié par les Etats-Unis en 1947 et qui a coûté près de 150 milliards de dollars pour la reconstruction d’une Europe détruite par la deuxième guerre mondiale :
« Je ne partage pas ce genre de raisonnement. Il y’a eu plusieurs enveloppes qui ont été données. Soit, nous changeons d’objectif avec l’addition des milliards. Cela fait des décennies qu’on a décidé d’aider l’Afrique et on l’a fait. Si c’était aussi simple que ça, vous l’auriez constaté. Le plan Marshall, c’est un plan de reconstruction matériel, dans des pays qui avaient leurs équilibres et leurs stabilités. Le défi de l’Afrique, il est totalement différent, beaucoup plus profond et civilisationnel aujourd’hui. Quels sont les problèmes en Afrique » a-t-il interrogé avant d’ajouter :
« Dans des pays qui font encore 7 enfantements par femme, vous pouvez dépenser des milliards d’euros, vous ne stabilisez rien ». Une phrase qui a soulevé de vives polémiques et critiques en Afrique contre le président français.
La 2e et 3e édition du projet Compact With Africa
A la 2eme édition tenue le 30 octobre 2018, ils étaient 11 pays africains à Berlin pour faire le bilan de l’aide apportée par l’Allemagne en 2017 et à définir les prochaines étapes, nouer de nouveaux contacts avec plusieurs autres entreprises allemandes.
Devenue aujourd’hui G20 compact, cette nouvelle plateforme d’entraide nord-sud regroupe désormais 12 pays africains (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Egypte, Ethiopie, Ghana, Guinée, Maroc, Rwanda, Sénégal, Togo et la Tunisie) et les pays du G20 dans un cadre macroéconomique, commerciale et financière.
Philippe Kouhon