Culture

Dossier spécial : des participants au 72 h du livre de Conakry déclinent les enjeux de « Conakry capitale mondiale du livre en 2017 »

Par Charles Kouassi25 avril 2015

AFRIKIPRESSE- Conakry. Des participants venus de tous les horizons ont dit leur mot sur la tenue de la 7ème édition des 72h du livre à Conakry, notamment l’initiative visant à faire de Conakry la capitale mondiale du livre en 2017.

 

Lamine Capi Kamara, président du collectif des écrivains guinéens

Alors que la Côte d’Ivoire est le pays invité d’honneur à ces 72 heures, Lamine Capi Kamara déclare : « La participation de ce pays frère fait des 72 heures un important vecteur d’intégration, de rapprochement des peuples, de renforcement de la fraternité et de l’amitié. Avec la Côte d’Ivoire main dans la main, notre projet est de constituer désormais dans notre pays dans les années à venir avec les autres pays de la sous région, une représentation unique, avoir un stand commun sous les couleurs de la communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) aux salons étrangers du livre à l’image des pays du bassin du Congo regroupés sous une même bannière. Cette initiative qui donnera une plus grande visibilité à la présence des pays de la CEDEAO à l’étranger amoindrira considérablement les coûts de participation de ces pays »

 

 

Diallo Mamadou Dian, point focal de l’UNESCO en Guinée.

 

« L’Unesco a toujours été présente au salon du livre, surtout avec le thème qui porte sur le livre, le climat et l’environnement. Conformément à notre mandat, l’organisme s’occupe non seulement de la culture, de communication, mais aussi de l’environnement où le climat est partie intégrante. Nous sommes heureux d’accompagner l’harmattan dans les 72 heures du livre ».

 

 

Nadine Bari, 75ans, écrivaine et auteure de neuf livres. Le dernier est intitulé “le procès de Sékou Touré” .

 

« Il y a quatre ans, j’ai assisté à l’organisation des 72 heures du livre. Je me rends compte que ça devient de plus en plus fréquenté. Même aujourd’hui, il y avait des difficultés pour l’accès, puisqu’il y a beaucoup du monde aux 72h. C’est un plaisir. Je pense que ça habitue les guinéens au livre, même s’ils ne lisent pas beaucoup. »

Sur l’ambition de la Guinée de devenir la capitale mondiale du livre, elle indique : « On a toujours eu des ambitions, mais on n’a pas les moyens de ces ambitions. Je crois que c’est un peu présomptueux de dire qu’on sera la capitale du livre dans deux ans. C’est bien, il faut avoir des ambitions, mais il faut avoir les moyens pour atteindre ces objectifs. »

 

 

Henri N’koumo, Directeur national du livre et de la lecture au ministère de la culture et de la francophonie en Côte d’Ivoire

 

« En juin 2014, la Côte d’Ivoire a reçu l’invitation du gouvernement guinéen pour prendre part aux 72h du livre en qualité de pays invité d’honneur. C’est avec beaucoup d’enthousiasme que le gouvernement ivoirien a répondu favorablement à cette invitation. A l’occasion de cette 7ème édition, la Côte d’Ivoire est présente avec une délégation de 19 personnes. C’est dire qu’elle tient à sa présence parce qu’il s’agit d’abord de célébrer la fraternité des peuples, de mettre à hauteur d’eux, le livre et la lecture. Toute critique qui participe à la vitalité de la lecture est une critique qui nous intéresse parce que l’Afrique de demain et émergente se bâtira à partir des personnes qui auront à partir du livre été capables de se donner un destin. Nous sommes là parce que nous croyons au livre de Guinée et de la Côte d’Ivoire et au livre africain. C’est ensemble, dans le cadre des rencontres de cette nature là, que nous allons suffisamment mêler nos énergies, faire en sorte qu’à travers le livre notre continent soit à la hauteur des espoirs que nous portons.

 

Connakry capitale mondiale du livre en 2017 ?

 

C’est une bonne chose de proposer la ville de Conakry en qualité de capitale mondiale du livre. C’est un processus assez intéressant qui permet de valoriser les capacités d’une ville et d’un pays à célébrer le livre et la lecture. La Côte d’Ivoire a dit son soutien qu’elle va apporter au projet de la Guinée. Nous sommes derrière la Guinée pour que le pays puisse obtenir ce titre là. Chaque fois qu’un pays ou une capitale africaine est mise au cœur de la lumière, c’est l’ensemble du continent qui gagne. Et nous sommes à fond derrière ce projet du gouvernement guinéen. Il faut que toute l’Afrique soit derrière le peuple de Guinée pour soutenir ce projet. »

 

 

Binta Ann, auteure, et présidente du comité d’organisation des 72H du livre.

 

« Comme toutes les autres éditions, nous sommes très ravie pour le thème qu’on a choisi qui est l’environnement. Il est temps qu’on pense à la façon dont on vit, la façon dont se présente notre environnement. Et puis on a eu beaucoup de monde, les visiteurs de la Côte d’Ivoire, de la France, de la presse internationale. On espère d’ici la fin, qu’il y aura beaucoup d’élèves et étudiants qui viendront.

Capitale mondiale du livre

C’est notre souhait. Ce que veut la jeunesse, elle l’aura. Elle veut que la Guinée soit la capitale mondiale du livre en 2017, et on va mettre tout en œuvre pour que ça se réalise. Il est temps aussi que la Guinée soit connue sur d’autres plans comme avant. On était connu sur le plan culture : les chants et la danse. Maintenant, il est temps aussi qu’on sache qu’il y a des cerveaux en Guinée, il y a des hommes et des femmes qui peuvent faire de ce rêve une réalité.»

 

 

Alafé Wakili journaliste écrivain

 

« Je pense que c’est bien de partager nos expériences de journalistes mais aussi d’écrivains avec les écrivains de Guinée, de Côte d’Ivoire et aussi des journalistes. C’est une initiative à soutenir. Nous sommes en Guinée pour cela. Et nous espérons que le rêve de M. Sansy Kaba va se réaliser pour que la Guinée soit capitale mondiale du livre à partir de 2017. »

 

 

Sansy Kaba Diakité, commissaire général.

 

« Les jeunes de Guinée m’ont confié un message à l’endroit du premier ministre.
Monsieur le premier ministre, la Guinée a la possibilité d’être la capitale mondiale du livre. C’est le pays de Laye Camara, c’est le pays de Dijibril Tamsir Niane, c’est le pays de Theirno Monénémbo. C’est le pays de tous les jeunes audacieux.
M. le premier ministre, Ouaga est la capitale du cinéma,  Abidjan de la musique, Bamako pour la photo, Conakry peut devenir la

capitale africaine du livre.

C’est ce message que nous lançons aujourd’hui au côté du gouvernement de la République de Guinée. Au nom de la jeunesse guinéenne, nous vous remettons officiellement ce projet qui sera étudié à l’Unesco. Si la Guinée est élue du 23 avril 2017 au 22 avril 2018, nous serons la capitale mondiale du livre. »

 

 

Bertrand Cochéry, ambassadeur de France en Guinée à gauche

 

« 7ème édition, 7 ans de réflexion. Sur le thème : livre, sciences, climat et environnement. On ne peut pas lutter contre le dérèglement climatique sans lutter pour le développement. Nous sommes à un moment de prise de conscience. C’est maintenant, pas dans 20 30 ans qu’il faut s’atteler à ce travail difficile, exigeant, contraignant, qui demande énormément des efforts et de volonté à l’intérieur à l’intérieur des groupes des pays industrialisés, mais qui demande aussi beaucoup de volonté de la part des pays en développement. Parce qu’il faut de la volonté pour défendre l’environnement dans ce pays qui nous accueil et où nous allons vivre. L’environnement est un peu plus menacé. La Guinée château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, mais dans quelques années, est-ce que cet enseigne sera toujours la vérité ?

Regardons la désertification, la déforestation, la menace sur la source des fleuves. La Guinée source du Niger, du Sénégal. Est-ce que ce n’est pas ici que se situe la clé du développement de toute une région ?

La 7ème édition des 72h du livre tombe à un moment essentiellement opportun parce qu’il y aura des conférences qui vont être organisées avec des spécialistes, des auteurs, qui vont échanger sur l’environnement. Nous sommes heureux, ambassade de France, centre culturel franco guinéen, Institut français de partager les 72 H du livre avec Sansy Kaba. Nous consacrons 15 000 euros à cette manifestation. Mais au-delà de l’événement, c’est tous les jours, au CCFG, on défend le livre, la lecture, les droits d’auteur, la production des taxes sur scène. Une année exceptionnelle avec des enjeux majeurs, pour les guinéens et pour l’humanité. »

 

 

Premier ministre, Mohamed Said Fofana à gauche

 

« Support indispensable à la transmission de l’expérience, le livre constitue aussi un moyen de partage et de démocratisation du savoir et de la culture. Il est l’outil privilégié de l’enseignement. C’est donc pleinement conscient de ce fait, que le gouvernement ne ménagera pas ses efforts pour le soutien au livre. Au-delà de cet événement phare qui constitue aujourd’hui les 72h du livre».

Propos recueillis par Aliou BM Diallo

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