Après son ouverture le 12 septembre 2017, la 72e AG de l’ONU a eu un débat général du 19 au 25 septembre et entame aujourd’hui et demain (27 et 28) un autre volet de la session, la réunion de haut niveau sur l’évaluation du plan d’action des Nations unies pour la lutte contre la traite des personnes. L’AG qui reste annuelle se poursuit jusqu’en août 2018 même si tous les chefs d’État et de gouvernement ont déjà regagné leurs pays. Les derniers pays africains à intervenir furent l’Angola et la Mozambique le lundi 25 septembre avant le discours de clôture du président de cette 72e session Miroslav Lajčák.
Débuté le 19 septembre, l’Assemblée Générale des Nations Unies a clos lundi 25 septembre 2017, le débat général de sa 72e session, au cours duquel “196 discours ont été prononcés”, a noté le président de l’Assemblée générale de l’ONU, Miroslav Lajcak, dans son discours de clôture à la tribune, qui n’a pas manqué de noter trois grands sujets de cette 72e assemblée, à savoir, les populations, les priorités de la soixante-douzième session et les semaines et les mois à venir. “Je vous remercie d’avoir mis les populations au centre du débat général. Pendant toute la session à venir, nous pouvons faire beaucoup mieux en rapprochant nos débats et actions des populations les plus touchées”, s’est félicité le Président.
“C’est aussi la première fois en onze ans que tous les États membres ainsi que les États observateurs ont fait des déclarations à l’Assemblée générale”, a-t-il souligné. Reconnaissant dans son discours la diversité d’opinions des Etats membres, rendant tout résumé des débats réducteurs, M. Lajcak a mis l’accent sur le sort des populations en difficulté dans le monde.
“Des gens vivent pendant une semaine avec la même somme d’argent que certains d’entre nous dépensons pour une tasse de café. Des gens sont forcés de décider entre risquer leur vie en restant, ou risquer leur vie en fuyant. Des gens se demandent quand le prochain ouragan frappera, ou si leur village sera sous l’eau dans quelques décennies. Des gens commençant à perdre espoir, ne croient déjà plus dans les processus de paix internationaux. Des gens attendent toujours que la justice et les droits de l’Homme fassent partie de leur réalité quotidienne”, a-t-il déploré.
Dans le même temps, M. Lajcak se souvient aussi avoir entendu au cours des débats des histoires optimistes, “des témoignages de force, de résilience, d’alliances et d’esprit d’entreprise”.
Le président de l’Assemblée générale a aussi entendu les “critiques” des pays membres. “Tous les messages transmis au débat général n’ont pas tous été positifs. Beaucoup contenaient des critiques envers d’autres pays ou l’ONU. Mais cela fait partie du jeu. C’est votre droit de le faire”, a-t-il déclaré, en ajoutant : “Quelle que soit la taille, la population ou l’économie, toutes les délégations ont accès à la même plate-forme pour le même durée. Ils peuvent parler librement, sans censure.”
“La seule chose à faire est d’aller de l’avant”, a conseillé M. Lajcak, en se projetant sur les prochains événements du calendrier, comme une réunion de haut niveau en vue d’établir une paix durable en avril prochain, ou l’adoption de deux pactes mondiaux, l’un sur les migrants et l’autre sur les réfugiés, en septembre 2018. “Les gens que nous représentons ont plus que jamais besoin que nous agissions”, a-t-il conclu.
Enfin notons qu’après le débat général des chefs d’état et de gouvernement, débuteront bientôt, les travaux des six commissions de l’Assemblée qui restent d’importants outils du multilatéralisme.
Philippe Kouhon, envoyé spécial à New York