Économie

Économie bleue en Afrique subsaharienne : de grandes inquiétudes exprimées

Par Olivier Dion25 avril 2026

Réunis à l’Université Félix Houphouët-Boigny, dans le cadre des 15è Journées de l’Association des géographes de Côte d’Ivoire, experts, autorités publiques et professionnels du secteur halieutique ont échangé, jeudi 23 avril 2026, sur les enjeux territoriaux et socio‑environnementaux de l’économie bleue en Afrique subsaharienne, selon une note reçue .

Lors d’un panel réunissant plusieurs institutions partenaires dont le ministère des Ressources animales et halieutiques, le ministère de l’Environnement, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et le ministère des Eaux et Forêts, les intervenants ont confronté leurs analyses sur la gestion des ressources aquatiques dans un contexte de pressions croissantes. S’exprimant au nom de l’interprofession de la filière pêche de Côte d’Ivoire, Koné Kassoum a dressé un constat préoccupant.

Selon lui, les acteurs du secteur de la filière pêche sont « au pied du mur », confrontés à la surexploitation des ressources marines et à la concurrence de plusieurs usages économiques, notamment le pétrole, le transport maritime et le tourisme. Il a plaidé pour une adaptation des pratiques fondée sur l’innovation et la modernisation du secteur afin d’en assurer la pérennité.

« Il faut apprendre à produire davantage tout en préservant la ressource », a‑t‑il insisté, soulignant l’urgence d’une gestion durable face aux pressions exercées sur les écosystèmes.

Il a également évoqué les limites actuelles de l’aquaculture, notamment pour le tilapia, dont la rentabilité et l’acceptation par les consommateurs restent à consolider.

De son côté, Dr Kouassi Auguste, représentant du ministère des Eaux et Forêts, a mis en avant la complexité de la gouvernance de l’eau, ressource centrale de l’économie bleue. Il a rappelé que celle‑ci est au cœur de multiples usages notamment l’agriculture, l’énergie et la consommation domestique nécessitant une régulation rigoureuse pour prévenir les conflits.

« La gestion de l’eau ne peut se faire sans concertation », a‑t‑il affirmé, appelant à renforcer le dialogue entre institutions, collectivités et usagers.

Au terme des échanges, les participants ont souligné que l’économie bleue représente une opportunité majeure de développement pour l’Afrique subsaharienne, à condition d’allier croissance économique, préservation de l’environnement et inclusion sociale.

Olivier Dion avec A. Traoré

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