La classe politique malgache ne reste pas insensible devant les écoutes téléphoniques effectuées par l’agence américaine de sécurité (NSA) sur les trois présidents successifs de France.
« Cela montre que les Américains veulent contrôler le monde. Quelle que soit l’argumentation du président Barak Obama, espionner la conversation des présidents alliés, c’est de trop ! » réagit Rakoto, un ancien membre du Congrès de Transition.
Martial Rahaririaka, ancien conseiller du Pr. Zafy Albert (président de 1993 – 1996) a une vision plus directe : « les écoutes américaines ont toujours existé et existeront encore, puisque cela reflète la politique hégémonique américaine, surtout face à la montée actuelle du terrorisme».
Dans la foulée, il regrette le comportement des Américains dans la vie politique malgache : « ils se considèrent comme le chef de la communauté internationale dans le pays. Ils n’hésitent pas à demander, depuis l’élection du président Hery Rajaonarimampianina, le retour de Marc Ravalomanana et en allant même faire une déclaration officielle de maintien du président face à la déchéance votée par les députés ».
Ntsoa Rafia, un communicateur invite au réalisme : « il n’y a de rien de surprenant avec les Américains. Ce genre d’écoutes ou de surveillances est connu de tous ! ».
Par contre, il critique les comportements des Américains se disant champions de la démocratie et des droits de l’homme, à travers une lecture des faits de ces derniers temps aux USA : « Chez eux (ndlr : USA), vivre ensemble entre Blancs et Noirs est encore difficile. Quand un Noir commet quelque chose, c’est du crime organisé. Quand un hispanique commet un crime, c’est la conséquence de l’immigration. Quand un arabo-américain commet quelque chose, c’est du terrorisme. Et quand un blanc tue, c’est de la légitime défense »
Laurent Ramaroson, homme politique d’un certain âge et secrétaire général du parti VPM/MMM, se remémore de sa jeunesse dans les années 60 et 70 : « C’est une pratique banalisée par les romans d’espionnage bon marché depuis longtemps et dont la réalité, si on s’en était doutée quelquefois n’étonne plus ! Ensuite, portez un regard et une réflexion sur les grands enjeux de la géopolitique de l’heure. Les Américains ne souhaitent pas relégués au second plan ! ».
James RAMAROSAONA