AFRIKIPRESSE-ABIDJAN. La coalition soutenant le président ivoirien Alassane Ouattara occupe sans discontinuer le terrain. Elle est présente a la télé. Le président ivoirien est régulièrement en visite d’État.
L’opposition semble aux abonnés absents. Elle fait l’objet de moqueries parce que personne ne la sent sur le terrain de la mobilisation des foules. Les partisans du pouvoir parlent d’une opposition Facebook, ou réseaux sociaux, d’une opposition de salon et dans les journaux ne pesant même pas un clou.
Malgré l’optimisme et l’enthousiasme affichés par les membres de la coalition au pouvoir, le jeu ne semble pas avoir encore été fait. Le suspens et l’incertitude demeurent toujours et seront de mise jusqu’au dernier moment de l’élection.
L’élection se jouera dans le secret incertain des urnes. Le vote est libre, individuel et secret. Les différents protagonistes qui sont de vieux routiers de la vie politique doivent se préparer pour les derniers instants du rendez-vous électoral, avec les meilleurs atouts.
Pour consolider les indices de leur victoire annoncée, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié et les leurs doivent réaliser un parcours sans faute, ni gaffe au cours des semaines et des mois à venir.
Un discours malheureux peut ternir une campagne électorale. Une mauvaise décision peut changer le cours des choses. L’adversaire tout en comptant sur ses forces, cherche à exploiter également les faiblesses et failles du système de son adversaire.
Cela n’est pas du tout une mauvaise chose, d’autant plus que la pression est aussi sur l’opposition ivoirienne. Son inaction, ses erreurs, ses mauvaises propositions éventuelles et bien d’autres lacunes seront mises à profit par la coalition au pouvoir.
Des phénomènes comme celui des enlèvements d’enfants qui ont eu lieu, et qui ont été résolus fort heureusement, peuvent s’ils interviennent durant une campagne électorale en modifier le cours. Une victoire dans une compétition sportive, ou une cuisante défaite, une catastrophe naturelle, un drame sans la bonne réponse, peuvent faire balancer les choix.
Quid des questions d’insécurité et bien d’autres choses!
La période de campagne électorale doit bien servir à quelque chose. Si tout était chaque fois vraiment gagne dans une élection, tous les systèmes électoraux auraient supprimé la période légale de la campagne, qui permet de faire bouger les dernières lignes et de modifier les tendances.
Il n’est pas question de doucher l’enthousiasme actuel du Rhdp dans sa revendication de la majorité sociologique et de l’adhésion du pays réel et effectif à Ouattara-Bédié , face au pays virtuel et affectif que les opposants réclament.
L’écho de la froide et tranquille détermination manifestée dans le camp des opposants pourtant absents du terrain, ne devrait pas laisser indifférent le Rhdp.
Les six longs mois qui séparent du rendez-vous de l’élection présidentielle restent donc ouverts, pour tous jusqu’au bout.
Convaincre et réaliser un parcours sans faute, voilà le défi imposé à tous pour sortir vainqueur dans cette confrontation démocratique qui se jouera loin des foules et des rassemblements, qui se jouera dans la capacité à mobiliser le citoyen pour qu’il sorte voter, et pour qu’il fasse le bon choix souhaité par chaque candidat et groupement politique.
Que le meilleur gagne! Dans la transparence et dans l’inclusion! Que le vaincu soit convaincu de sa défaite et appelle le vainqueur pour le féliciter !
Charles Kouassi