La Direction de l’encadrement des établissements privés (Deep) du ministère de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, avec l’appui financier de la Banque mondiale à travers le Projet d’amélioration de la gouvernance des services de base (Pagds), organise du 15 au 20 septembre 2025 à Yamoussoukro un atelier consacré au bilan et aux perspectives de ses activités.
Présidée par Cissé Almamy, directeur général de la formation initiale, représentant le ministre N’Guessan Koffi, cette rencontre réunit responsables administratifs, partenaires techniques, parents d’élèves et présidents de fédérations d’établissements privés. Cet atelier s’inscrit dans la vision du ministère : évaluer et repenser l’enseignement technique, la formation professionnelle et l’apprentissage afin de soutenir le développement socio-économique et contribuer à l’émergence rapide de la Côte d’Ivoire. Deux programmes-phares traduisent cette ambition : l’« École de la deuxième chance » et l’« Académie des talents ».
Selon Cissé Almamy, le rôle du privé est central dans le système éducatif :« Ces établissements forment plus de 62 % des apprenants de l’enseignement technique et professionnel en Côte d’Ivoire. Avec 461 établissements actifs contre 68 dans le public, ils constituent le véritable moteur de notre système. Pour l’année 2024-2025, ils ont accueilli 88 381 apprenants, soit 62,73 % du total de 140 895 élèves. Cette force vive est un atout inestimable pour notre pays », a-t-il souligné.
Cependant, le responsable a pointé des résultats aux examens jugés préoccupants, avec un taux de réussite nettement inférieur à celui des établissements publics.« Au baccalauréat technique, les écoles privées affichent un taux de 43,76 % contre 86 % dans le secteur public, ramenant la moyenne nationale à 44,70 %. Ce n’est pas qu’une simple statistique », a-t-il insisté, appelant à des réformes et à un encadrement plus rigoureux.
L’atelier se veut ainsi un cadre d’analyse et de co-construction de solutions pour améliorer la qualité de la formation technique et professionnelle. Il vise à évaluer les acquis, renforcer la régulation du privé et définir de nouvelles stratégies en vue d’une formation inclusive, diversifiée et adaptée aux besoins du marché de l’emploi, pour favoriser une meilleure insertion des jeunes.
Pour sa part, la directrice de la Deep, Mme Kouamé Huguette, a rappelé les missions de sa structure : suivi administratif des établissements privés, octroi d’autorisations d’ouverture, gestion des subventions et fermeture des écoles non conformes. Elle a également salué l’appui du Pagds, financé par la Banque mondiale, qui a permis la mise en place du contrôle biométrique et l’évaluation régulière des établissements.
Quant à Akrou Bertin, coordinateur adjoint du Pagds, il a plaidé pour une meilleure valorisation de l’enseignement technique, soulignant que « il n’y a pas de petit métier ». Il a en outre recommandé la publication d’un classement des établissements privés afin de stimuler l’excellence et inciter les moins performants à améliorer leurs résultats.
Harry Diallo, depuis Yamoussoukro