Opinion

Expansion djihadiste: le rôle destructeur de l’AES dans la dégradation sécuritaire du Bénin et du Nigeria

Par La Rédaction2 décembre 2025

L’attaque coordonnée du 17 avril dans le nord du Bénin, qui a coûté la vie à 54 militaires, marque une étape décisive dans l’extension du terrorisme du Sahel vers le golfe de Guinée. Les combattants du JNIM ont revendiqué cette offensive, confirmant la présence active du groupe dans la zone frontalière entre Bénin, Burkina Faso et Niger.

Ce basculement s’inscrit dans une dynamique régionale où les violences armées ont explosé. Depuis 2021, les victimes liées au terrorisme dans le Sahel ont été multipliées par trois. La situation s’est aggravée encore davantage en 2024. Dans ce contexte, le Bénin n’est plus un simple point de passage: il est désormais une cible, avec des attaques récurrentes, des IED, des incursions villageoises et une pression croissante sur les populations.

L’expansion ne s’arrête pas au Bénin. Le Nigeria vient de connaître sa première attaque officiellement revendiquée par le JNIM. Le groupe affirme avoir frappé des positions militaires dans l’État de Kwara, démontrant sa capacité à s’étendre hors des zones sahéliennes. Cette attaque résonne avec une série d’enlèvements massifs perpétrés au Nigeria par des bandes armées qui collaborent parfois avec les réseaux djihadistes.

Ces évolutions trouvent une cause majeure dans l’effondrement de la coopération régionale. La création de l’Alliance des États du Sahel a eu un effet dévastateur: retrait de la CEDEAO, fin des mécanismes transfrontaliers, disparition du G5 Sahel, retrait du Niger de la Force multinationale mixte. Les États de l’AES ont ensuite boycotté les cadres africains de discussion sur la défense. Pendant ce temps, les groupes terroristes ont exploité chaque brèche.

Les juntes sahéliennes ont privilégié des partenariats opaques avec des forces étrangères comme Wagner ou l’Africa Corps. Ces acteurs servent davantage à protéger les régimes qu’à stabiliser les territoires. En misant sur ces alliances plutôt que sur la coopération régionale, l’AES a laissé prospérer un cycle de violence incontrôlé.

Le résultat est visible dans toute la région: le nombre d’incidents violents à proximité des frontières sud a bondi de 250 % en deux ans. Le Bénin compte désormais 173 morts en un an. Le Togo, le Ghana, la Côte d’Ivoire, la Guinée et même la Mauritanie sont sous pression.

L’AES apparaît comme l’un des principaux responsables de cette dégradation. En détruisant les cadres de coopération, elle a affaibli la sécurité collective et facilité l’expansion djihadiste. Le Sahel et le golfe de Guinée paient aujourd’hui le prix de cette stratégie court-termiste.

Une correspondance particulière de F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info

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