Le Sahel reste en 2025 l’épicentre mondial du terrorisme, selon le Global Terrorism Index. Malgré l’appui russe aux juntes du Mali, du Burkina Faso et du Niger, les violences continuent d’augmenter et s’étendent désormais vers les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, dont le Bénin. Une situation qui interpelle directement la Côte d’Ivoire.
Une explosion du terrorisme au Sahel
Le constat est sans appel. Le Sahel concentre près de la moitié des morts liés au terrorisme dans le monde. En 2024, plus de 7 500 décès ont été recensés, dont 51 % dans cette région. En 2025, la tendance se confirme avec environ 5 582 morts, dont près d’un sur deux au Sahel.
Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) – Mali, Burkina Faso, Niger – figurent toujours parmi les plus touchés. En moins de vingt ans, la région est passée de 1 % à près de 50 % des décès liés au terrorisme³.
Une menace qui s’étend vers l’Afrique de l’Ouest
La dynamique s’aggrave. Les attaques ne sont plus confinées au Sahel central. Elles progressent vers les pays côtiers. Le Bénin gagne du terrain dans les classements mondiaux, tandis que le Nigeria enregistre une hausse de 46 % des décès en 2025.
Pour la Côte d’Ivoire, cette évolution est stratégique. Le nord du pays reste exposé à une infiltration des groupes armés, déjà actifs dans les zones frontalières.
Russie au Sahel : un pari sécuritaire raté
Les juntes sahéliennes ont misé sur la Russie pour remplacer les partenaires occidentaux, sans résultats probants. Après cinq années de présence, Moscou peine toujours à compenser le retrait de près de 18 000 soldats internationaux.
Dans le même temps, les groupes armés gagnent en mobilité et poursuivent leur expansion vers le golfe de Guinée. Des signaux inquiétants apparaissent, notamment des tentatives de négociations locales avec certains groupes terroristes, comme à Bamako.
Le constat s’impose : ce partenariat n’a pas permis de contenir la menace, appelant à une réévaluation urgente des stratégies sécuritaires en Afrique de l’Ouest.
Une correspondance particulière de F. Kouadio
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