« L’instruction que nous avons reçue est qu’on n’affectera plus de personnes déclarées admises tant que nous n’avons pas la certification que leur diplôme est authentique. Les personnes qui sont encore en attente d’affectation, il y a deux cas : soit nous n’avons pas encore reçu de réponse sur l’authentification de leurs diplômes, soit nous avons reçu la réponse que leurs diplômes sont faux. Donc, pour ces deux cas, ces personnes ne sont pas affectées. » Ces mots sont de Soro Gninagafole, le Directeur général de la fonction publique. Il était face à la presse le jeudi 5 mars 2026, dans les locaux du ministère d’État, ministère de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration, à Abidjan-Plateau.
Un nouveau rendez-vous initié par ledit ministère pour donner, selon son Directeur général, le maximum d’informations sur l’organisation des concours administratifs.
Des concours pour lesquels plusieurs candidats, selon Soro Gninagafole, font usage de faux diplômes. Des pratiques découvertes, selon lui, grâce à l’une des réformes introduites par le ministère dans les procédures d’organisation des concours depuis 2021 : notamment, attendre la liste définitive des candidats déclarés admis avant de vérifier si leurs diplômes sont authentiques.
Le DG de la fonction publique a expliqué qu’en 2022, sur 8 122 diplômes envoyés pour authentification à la fin des concours, 208 faux diplômes ont été découverts grâce à cette méthode. En 2023, sur 8 115 diplômes envoyés en authentification, 380 faux diplômes ont été décelés. En 2024, sur 7 732 envoyés en authentification, pour l’heure, 119 faux diplômes ont été décelés.
« Nous avons constaté qu’il y a, parmi nos frères et sœurs, des personnes qui se livrent à la fabrication de diplômes. Ce sont de faux diplômes, donc qui n’existent pas dans le répertoire des diplômes nationaux, et qui sont présentés à l’administration dans le but de tromper notre vigilance. Nous nous dirigeons vers les structures qui sont censées les avoir délivrés. Souvent, on nous ramène des informations selon lesquelles il s’agit de faux diplômes », a-t-il dit.
« 68 concours n’ont enregistré aucun admis en 2025, pour 728 places »
Soro Gninagafole, lors de cette rencontre, s’est prononcé sur les différentes formes de concours organisés par le ministère de la Fonction publique, le cadre juridique de leur organisation, puis a donné les chiffres sur les concours de l’année 2025. Il a fait savoir qu’en 2025, ce sont 590 concours qui ont été organisés. Sur ce nombre, 213 concours concernaient les personnes qui voulaient devenir fonctionnaires. 142 863 candidatures ont été enregistrées. 48 353 ont été déclarés admis, sous réserve de confirmation. Il y a eu 25 259 admis aux concours de recrutement, soit 52,24 %, et 23 094 admis pour les concours de promotion, soit 47,76 %.
86 concours n’ont pas enregistré d’admis. 55 d’entre eux n’ont pas enregistré de candidatures. 31 concours ont eu des candidats sans avoir d’admis. « 343 postes budgétaires étaient disponibles pour les 55 concours qui n’ont pas enregistré de candidatures. 78 candidats s’étaient présentés aux 31 concours où il n’y a pas eu d’admis. Leurs résultats ont été jugés faibles par les jurys. Pourtant, 375 postes budgétaires étaient disponibles. Soit un total de 718 postes budgétaires qui n’ont pu être pourvus en 2025 pour ces 86 concours », a dit le DG de la fonction publique.
Jean-Hubert Koffo
Légende : Soro Gninagafole, le Directeur général de la fonction publique, était face à la presse pour expliquer les activités du ministère.